Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) Sami Agli a appelé, hier, à la libéralisation du nouveau code de l’investissement ainsi qu’à la facilitation de l’accès au foncier industriel pour les opérateurs économiques, porteurs de projets.

Par Feriel Nourine
S’exprimant sur les ondes de la chaine 1 de la Radio nationale, M. Agli a mis en avant la lenteur qui caractérise la mise en place du nouveau dispositif devant servir à la relance industrielle prônée par les hautes autorités du pays. Laquelle pénalise l’investissement depuis de nombreux mois. Pis encore, «aucun dossier d’investissement industriel n’a été étudié pendant une année entière», a relevé le président de la CAPC, n’hésitant pas à qualifier cette démarche de «déraisonnable».
Ce n’est pas la première fois que l’intervenant alerte sur cette situation, tout comme d’autres responsables d’association, de chefs d’entreprise, qui appellent à mettre en branle le nouveau code de l’investissement, en préparation depuis plus d’une année et dont la finalisation avait été annoncée pour le mois de juillet dernier, avant son passage devant le Conseil des ministres lors la dernière rentrée sociale, pour être prêt durant le mois d’octobre 2020. Ce qui ne s’est malheureusement pas encore produit à ce jour, mettant dans l’embarras les investisseurs potentiels et privant l’appareil productif d’une relance industrielle indispensable depuis des années, avant de devenir vitale depuis l’apparition de la pandémie de la Covid-19 et son impact désastreux sur l’économie nationale.
Or, le code tant attendu vise, justement, à faciliter et encourager les investissements dans les secteurs public et privé. Et si ce sont aujourd’hui les opérateurs du secteur privé qui revendiquent le plus sa mise en pratique, c’est parce le nouveau dispositif en la matière corrige également les manquements de l’actuel texte de loi, datant de 2016, à leur adresse. Comprendre qu’il a l’avantage d’unifier les deux systèmes législatifs régissant l’activité dans les deux secteurs public et privé. De plus, si le secteur privé dispose d’une liberté de gestion, il n’en demeure pas moins que celui-ci ne bénéficie pas de soutien financier, à l’inverse du secteur public qui peut compter sur l’appui des pouvoirs publics, alors que la flexibilité et la liberté de gestion interne lui font défaut. D’où la proposition de réformes qui «réduisent cette différenciation et la formulation d’un nouveau régime commun s’appuyant sur les principes du Code de commerce», a-t-il déclaré.
Concernant le foncier industriel, l’ancien ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham, qui en avait la charge, avait fait état de la préparation d’un nouveau décret fixant les missions et les attributions de l’Office national du foncier industriel, ainsi que d’autres textes portant sur le suivi et la gestion du foncier industriel. Ces législations s’inscrivent en droite ligne dans les efforts du ministère visant à «mettre en place un nouveau système juridique qui favorise la consécration d’une gouvernance moderne et rationnelle», avait-il précisé.
Considérant que des perspectives réelles existent pour le développement économique du pays, Sami Agli se focalise sur le cas de l’agriculture qui «peut garantir la sécurité alimentaire», a-t-il souligné. D’où cette conscience collective qu’il relève chez les opérateurs au profit de l’investissement dans ce secteur, de sorte à s’affranchir de l’importation. Il citera l’exemple de la mise en place de l’Office national de l’agriculture saharienne qui étudie les problèmes auxquels se heurtent l’activité agricole et celle de la transformation dans cette région généreuse de l’Algérie. «Il est question d’atteindre les capacités de production de ce qui peut être produit dans notre pays, au lieu d’importer», insistera l’intervenant, expliquant que cette démarche passe par «la lutte contre les phénomènes négatifs comme la bureaucratie et le manque de transparence».
«Je pense que les opérateurs économiques sont prêts à s’engager dans cette nouvelle voie, en particulier dans l’agriculture, à condition qu’ils bénéficient d’un environnement où règne la confiance et qui favorise la création de petites et moyennes entreprises, afin de combler le déficit sur ce registre, estimé 1,5 million d’entités», dira-t-il encore dans la même logique de réflexion.
L’encouragement attendu des pouvoirs publics réside, entre autres, dans l’acquisition du foncier industriel, sachant que «nous ne pouvons pas parler du succès de l’agriculture sans la présence d’une usine de transformation et d’autres espaces de stockage pour l’exportation», avant d’exprimer son souhait de voir une nouvelle loi sur l’investissement «qui réponde à la réalité de l’économie internationale et nationale, qui protège le produit national et qui s’efforce de faciliter toutes les mesures pour faciliter la création de richesse, d’entreprises, d’immobilier et autre financement».