Le président du Conseil national économique et social (Cnes), Rédha Tir, a fait savoir, hier lors d’un passage sur les ondes de la Radio nationale Chaîne I, que la structure qu’il dirige lancera prochainement un «programme de terrain» visant à répertorier l’ensemble des unités de production du pays. L’objectif, explique-t-il, serait d’apporter des réponses aux «problèmes» et obstacles bureaucratiques qui bloquent ces unités économiques. Le responsable évoquant notamment que l’Algérie avait les capacités humaines et logistiques de produire davantage et d’exporter le fruit de son travail, notamment au niveau du continent africain.
Expliquant que le lancement du programme interviendrait au lendemain de la «prochaine» réunion du Cnes, M. Tir a dénoncé l’accumulation de règles bureaucratiques imposée aux acteurs de l’économie : «Nous fabriquons des obstacles bureaucratiques (…) Je vous annonce qu’après la prochaine réunion du Cnes, et avec le concours de certains de ses membres choisis pour leurs spécialisations, nous lancerons des visites de terrain au niveau national». Une situation qui a en partie impacté les initiatives d’exportation, notamment vers d’éventuels nouveaux marchés en Afrique : «Nous avons des capacités humaines, financières et en termes d’équipement (…) Le principal problème reste au niveau des textes, notamment pour la sortie des fonds nécessaires au financement des opérations préalables.» En ce sens, le Cnes travaille actuellement avec le ministère du Commerce pour élaborer une liste des produits exportables, notamment ceux issus de l’agriculture et de l’électroménager.
L’objectif annoncé par le premier responsable du Cnes est, aujourd’hui, de rencontrer les principaux concernés sans recourir à des intermédiaires, évoquant notamment les projets annoncés, mais qui n’ont dans les faits jamais vu le jour : «Notre objectif sera d’écouter, mais aussi d’observer et d’étudier les capacités de travail de ces unités de production. Certaines sont à l’arrêt, d’autres ont rencontré des obstacles bureaucratiques… et d’autres encore n’ont même pas pu être lancées.» Une mission que se donne le Cnes en veillant aux intérêts du pays, comprend-on des déclarations de Rédha Tir : «Ces unités sont aussi un patrimoine du pays, cela concerne l’emploi, mais aussi de faire fructifier les ressources de l’Etat.»
Quant à la question de la mise en œuvre de la volonté de l’Etat visant à réduire la facture des importations mais, surtout, d’exporter près de 5 milliards de dollars hors hydrocarbures, le président du Cnes estime que deux mesures fortes pourraient en être le moteur : l’utilisation de la route transsaharienne comme voie d’exportation et dont «le coût logistique serait réduit». Mais aussi de créer un réseau de banques algériennes pour faciliter les transferts.