La cession d’entreprises publiques est une option que le gouvernement n’écarte pas des réformes menées, actuellement, pour le renforcement des capacités des entités du même secteur. C’est le Premier ministre qui l’a affirmé, hier, précisant que si cession il y a, elle concernera les entreprises qui n’arriveront pas à suivre le train des réformes.
«Il existe des entreprises publiques qui méritent d’être renforcées. D’autres qui n’arrivent pas à évoluer et à faire des réformes, nous sommes en train de voir comment les reprendre ou bien les céder», a indiqué hier M. Djerad sur les ondes de la Radio nationale. Reste à savoir à qui l’Etat compte céder ses entreprises non éligibles au processus de réformes qu’il met en place. Si c’est du côté de repreneurs privés que l’Exécutif lorgne, il y a sans doute un fort risque de désillusion qui se profile à l’horizon, sauf si la cession est accompagnée de mesures incitatives au profit de ces derniers qui trouvent déjà d’énormes difficultés à diriger, voire maintenir en vie, des centaines d’entreprises, notamment dans le réseau des PME.
Les associations et autres organismes représentant ces PME sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à afficher leurs inquiétudes de la situation qui prévaut dans le milieu et n’hésitent pas à évoquer un scénario de faillite en devenir. Dernier SOS du genre, celui en provenance du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) et le Centre des jeunes algériens (CJD) qui dressent un constat pas du tout reluisant de la situation économique en Algérie, fortement ressentie au sein de l’ensemble des petites et moyennes entreprises avec «une baisse d’activité de 30 à 50% dans certaines filières», avec des pertes d’emplois qui se chiffrent en plusieurs dizaines de milliers. C’est pourquoi Care et CJD espèrent sensibiliser les pouvoirs publics à travers un plan de sauvetage dont les «mesures urgentes» sont contenues dans «un plaidoyer». En attendant, le Premier ministre a abordé hier la situation des entreprises du secteur privé pour dire que celle-ci «n’est pas différente» des entreprises publiques. Déplorant le fait que des personnes qu’il a qualifiées de «brebis galeuses» aient profité de «la manne pétrolière et de leurs relations avec des pouvoirs politiques antérieurs pour s’enrichir sur le dos du peuple algérien», il ne manquera pas toutefois de préciser qu’«il existe des entreprises privées qui ont à leur tête des patriotes et des gens honnêtes». «Nous soutenons des entreprises patriotes et citoyennes qui permettent réellement de créer la richesse dans le pays», a fait observer encore le Premier ministre, en guise d’assurance aux patrons d’entreprises évoluant loin des pratiques qui ont sévi dans le milieu entrepreneurial ces dernières années, à la faveur d’un système encourageant la corruption au détriment de la productivité et du développement économique.
Une tendance que le gouvernement compte inverser à travers la levée de tous les verrous se dressant devant les investisseurs nationaux et étrangers. Pour ce faire, l’Etat compte sur la loi de finances complémentaire (LFC) qui sonnera le» début d’une rupture» et édifiera un «système économique réel», promet M. Djerad.
La LFC, dont le projet est en préparation, « va être le début d’une rupture progressive et de la construction d’un système économique réel (…). Elle va mettre un terme à tout ce qui a été fait pour bloquer les investissements et pour empêcher l’Algérie de construire une réelle économie», a-t-il affirmé dans ce sens, relevant que «nous n’avons pas encore une réelle économie au sens scientifique».
Evoquant les dispositions prévues dans la LFC, le Premier ministre a cité particulièrement la règle 49/51% qui sera complètement levée, a-t-il signalé, sauf pour quelques secteurs jugés stratégiques. Par ailleurs, l’élaboration de cette LFC se fera sur trois principaux axes de développement qui sont respectivement le développement de la ressource humaine, la transition énergétique et l’économie de la connaissance. n