Un grand nombre d’entreprises publiques du secteur économique du pays ont grandement souffert des conséquences de la crise sanitaire. L’impact s’est ressenti sur leurs activités qui ont, en effet, diminué à hauteur de 18 à 25 % en 2020, selon Lakhdar Rakhrouh, président de l’Union nationale des entrepreneurs du secteur public (Unep) et président-directeur général du groupe public Cosider. Ce qui pour ce dernier, qui s’exprimait hier sur les ondes de la Radio nationale Chaîne I, «a provoqué des perturbations dans leur fonctionnement au point de les fragiliser un peu plus et ont été vite secourues par le gouvernement». Sur ce dernier point, le PDG n’a pas raté l’occasion de son passage à la radio pour dire être surpris «par les chiffres imaginaires» diffusés par les médias sur l’enquête sur la dette et les prêts accordés aux entreprises publiques rencontrant des problèmes financiers. Et pour faire la part des choses, il a tenu à souligner «de faire la différence entre l’enquête sur la dette, l’apurement financier et les prêts qui sont accordés aux entreprises en difficulté». Expliquant dans ce sens que le montant des prêts accordés aux entreprises du secteur public «sert en grande partie à assurer des services d’utilité publique financés par l’Etat. Et le prêt donc accordé ne sera pas remboursé». Toujours dans ce même ordre d’idées, le président de l’Unep a indiqué que «de nombreuses entreprises publiques ont vu leurs dettes s’accumuler mais comme ce sont des entreprises dont l’Etat est l’unique propriétaire, elles ne seraient abandonnées de sa part». Comme il a tenu à faire remarquer que les «entreprises publiques et celles privées sont sur un pied d’égalité concernant les prêts accordés par les banques publiques». Signalant par ailleurs dans la foulée : «Les entreprises privées confrontées à des difficultés financières peuvent aisément mettre à pied des travailleurs, contrairement aux entreprises publiques, contraintes de ne libérer aucun travailleur. En clair, même si ces dernières sont en nette baisse d’activité, il leur est exigé le maintien des emplois et d’en assurer les salaires.»
Toujours à propos des entreprises publiques, l’invité de la Radio nationale a rapporté qu’elles représentent entre 25 et 30% du tissu économique du pays «non sans compter les entreprises qui activent dans le secteur des hydrocarbures, des banques et des télécommunications. Ce qui est un pourcentage important et leur poids dans l’activité économique est important». Concernant les difficultés financières que traversent une majorité d’entreprises économiques, le PDG de Cosider estime qu’il existe des solutions. «La solution que j’estime la plus appropriée dans la conjoncture actuelle serait de reconsidérer la gestion du capital des entreprises publiques en créant un organisme composé d’entrepreneurs et d’économistes pour gérer les contributions de l’Etat dans le capital financier des entreprises», a-t-il préconisé.
Notons que lors de son intervention au micro de la radio, Lakhdar Rakhrouh a évoqué quelques chiffres sur le groupe Cosider qu’il dirige. Selon ce dernier, le chiffre d’affaires réalisé en 2020 se situe à hauteur de 209 milliards de dinars, soit l’équivalent de 2 milliards de dollars. «Un montant qui nous permet d’occuper la troisième place en termes de taille au tableau des entreprises les plus performantes sur le continent et le second en termes de réalisations et de résultats obtenus au niveau africain. Concernant les crédits contractés par son groupe, le PDG a déclaré : «Comme d’autres entreprises nous avons obtenu des prêts pour financer des projets que nous allons rembourser dans leur intégralité grâce à l’argent issu des contrats de réalisation de barrages et tunnels en voie d’achèvement et des travaux relatifs à l’extension du réseau métro d’Alger. Le patron de Cosider a enfin fait savoir : «Nous prévoyons de soumissionner sur des avis d’appels étrangers suite à notre expérience réussie d’un petit projet en Afrique.» n