Les entreprises publiques et privées réservent un accueil positif à la décision du gouvernement d’ouvrir une nouvelle ère dans les rapports économiques entre les deux secteurs.

En tous les cas, c’est le sentiment général qui se dégage au sein des entités économiques qui participent actuellement à la 26e édition de la Foire de la production algérienne, abritée par le Palais des expositions de la Safex. Si ce sentiment d’optimisme, quant à l’avenir de ce partenariat, est clairement affiché par certaines entreprises, ce n’est toutefois pas le cas pour d’autres qui ne veulent pas décliner leur opinion sur le sujet.
La société privée Hygimed, spécialisée dans la production des dispositifs médicaux à usage unique en non-tissé, a une vision tranchée sur le sujet. Avec ses deux filiales, Hygimed est déjà sur le segment de l’exportation. « Le partenariat public-privé devra résoudre le problème de financement des entreprises publiques, le privé peut apporter de la trésorerie à l’entreprise publique. Ce partenariat apportera une nouvelle pratique et une nouvelle méthode de gestion de l’entreprise et facilitera la prise de décision. Les entreprises publiques sont trop rigides et ne prennent pas de décisions sans l’accord de la tutelle », explique le directeur commercial d’Hygimed, Smaani Fethi. Estimant que la mentalité chez le secteur public est différente de celle du privé.
De son côté, Yasmine Toubal, responsable de la communication auprès du P-DG d’Algeria Chamical Specialities (ACS), considère que les entreprises privées ne peuvent pas intégrer le capital d’une entreprise publique comme celle qui l’emploie et qui dispose de 10 filiales. « Il faut un grand apport financier pour le faire, et les entreprises privées ne sont pas intéressées par une participation au capital de notre société », souligne Mme Toubal. Expliquant que « les opérateurs privés sont intéressés par un partenariat dans un domaine précis » et que « l’option principale est la création de joint-ventures sur un segment d’activité bien déterminé ».
« Nous avons déjà reçu plusieurs proposition de chefs d’entreprise pour la création de joint-ventures et nous sommes au stade de l’étude de ces propositions », poursuit notre interlocutrice. «Nous sommes exigeants et nous avons demandé un business-plan pour concrétiser ce type de partenariat. Nous allons axer notre collaboration sur des sujets précis », dira-t-elle encore. Avant d’ajouter que si un partenariat devait se concrétiser entre ACS et un opérateur privé, il aura lieu dans le domaine du commercial et de l’exportation. « On est partant pour un partenariat gagnant-gagnant », lance la même responsable. En attendant, conclut-elle, d’avoir « plus de visibilité » sur le dossier du partenariat public-privé
Du côté du groupe privé Wouroud, spécialisé dans la production des cosmétiques et de l’emballage, il n’hésite pas un seul instant à afficher une disponibilité à participer à la stratégie du gouvernement. « Il était temps de propulser cette nouvelle vision pour une totale osmose entre l’opérateur étatique et l’opérateur privé », affirme le directeur de la communication de l’entreprise, Djamel Eddine. Partant du constat que « le privé est bien installé en Algérie » et qu’il est « dynamique et à la recherche du profit ». Le même responsable estime que « l’objectif principal du secteur public est la création d’emplois mettant la question des bénéfices en seconde position ». D’où la nécessité de « trouver un équilibre entre le profit et l’impact social de l’activité économique », recommande-t-il. En espérant que « la coopération public-privé se fera sur la base d’un équilibre entre les intérêts financiers et l’impact social sur la société algérienne et sur les travailleurs de l’entreprise ».