Jeudi 13 août, l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) a annoncé à l’APS avoir élaboré un «plan» pour augmenter l’intégration d’une gamme de ses produits à hauteur de 70% avec son fournisseur libanais Le Matic.
Son PDG, Djilali Mouazer, a affirmé à l’agence de presse que «l’intégration à hauteur de 70% à terme du produit Eniem occupe une place importante dans le plan de redressement de l’entreprise. Un plan qui s’inscrit en droite ligne avec la politique gouvernementale».
Pour la gamme du froid, qui sera la première concernée par ce projet, l’intégration portera sur dixproduits (réfrigérateurs, congélateurs, vitrines) de différentes couleurs. «Nous disposons déjà des équipements adaptés pour produire cette gamme», a fait savoir M. Mouazer «Le projet avance bien. Il est à plus de 90% d’avancement», a-t-il ajouté sur ce partenariat, commencé avec le fournisseur libanais depuis le second trimestre 2018. «Nous allons incessamment produire une présérie», a-t-il annoncé, avec l’objectif d’«atteindre les 70% de taux d’intégration à terme». «Tous ce qui est tôle, plastique, cuivre, aluminium, fils, sera produit localement, seul le moteur ne le sera pas», a affirmé le PDG à l’APS. Outre la gamme du froid, M. Mouazer a fait savoir que son entreprise est en «échange d’intention» avec un partenaire pour l’intégration de produits nouveaux dont le chauffage, le chauffe-eau, la machine à laver, ainsi que des articles encastrables de cuisson. L’Eniem, a indiqué son patron,travaille également à l’amélioration du design de ses produits pour s’inscrire aussidans la politique d’économie d’énergie, l’entreprise étant certifiée ISO 14001 version 2015 (relative au système de management environnemental), a souligné son PDG.
Pour lemodèle de réfrigérateurs Eniem, M. Mouazer a reconnu qu’il«est obsolète et dépassé sur le plan technique, car ne répondant pas aux exigences de la consommation énergétique et aussi en design». Un «lifting» avait été fait pour certains produits mais cela reste «insuffisant», a-t-il dit. Il n’empêche que tout ce plan de modernisation des produits de l’entreprise dépend du règlement de la crise financière que vit l’entreprise à travers un assainissement ou un rééchelonnement d’une dette qui avoisine les 6 milliards de DA, et la mobilisation d’un fonds de roulement. Il est ensuite lié à sa capacité deredresser ses finances et à disposer de la ressource nécessaireà l’investissement.
Depuis 2018, l’Eniem s’est lancée dans un programme de développement de 15 milliards de dinars qu’il s’agit aujourd’hui de concrétiser pour le renforcement de l’unité recherche et développement. Deux scénarios sont possibles, selon son PDG, celui de la mobilisation des finances par l’Etat -à travers «la mise à niveau des équipements et de l’outil de développement (laboratoire et ateliers de confection de l’outillage industriel»- et qui permettrait à l’Eniem de mener seule son projet de remise à flot. Celui de recourir au partenariat industriel pour l’intégration et la diversification de l’activité avec des partenaires algériens ou étrangers, les deux pouvant être combinés, selon M. Mouazer.

Covid-19, des retombées catastrophiques pour l’entreprise
A l’instar de la majorité des entreprises algériennes, l’Eniem a subi de plein fouet l’impact de la crise sanitaire. Son Pdg a révélé que la production du premier site d’électroménager en Algérie a connu une «baisse catastrophique» durant le premier semestre 2020. Les raisons : la rupture de l’approvisionnement en matières premières (collection CKD) et le congé technique du personnel. Une situation qui est en train d’être résolue, selon Mezaouar. «Depuis juillet, les ateliers de production tournent presque normalement avec la reprise de plus de 80 % des effectifs», a-t-il observé.
Cette crise sanitaire, a-t-il ajouté, a engendré un manque à gagner important en termes de chiffre d’affaire. «Nous n’avons réalisé que 46% du chiffre d’affaire donc le manque à gagner dépasse les 50% en termes d’objectifs fixés», a-t-il fait savoir. «Avec la commande importante que nous avons, nous pourrions dépasser facilement les objectifs fixés», a-t-il toutefois rassuré, expliquant que des contrats «importants» ont été signés entre l’ENIEM et ses clients pour une valeur globale d’environ 2 milliards de DA.
LePdgrelève néanmoins que «si toutes les activités ont repris, certains produits ne sont pas fabriqués du fait que nous n’avons pas pu dédouaner la matière première suite à l’expiration des autorisations en CKD».Le renouvellement des autorisations CKD expirées le 22 juillet dernier «doit aussi intervenir dans les meilleurs délais», a-t-ilajouté.
Une demande de renouvellement de ces autorisations a été introduite auprès du ministère de l’Industrie et elle est «en cours de traitement».