Le plan de sauvegarde des entreprises, dont les patrons sont en prison, est enfin tracé. Sa mise en œuvre a été confiée à des administrateurs qualifiés. Ils ont été désignés par le comité intersectoriel ad hoc, institué par le Premier ministre, chargé du suivi des activités économiques et de la préservation de l’outil national de production.

Ils auront pour mission principale d’assurer la continuité de l’activité des entreprises privées concernées. C’est ce qui a été décidé lors de la réunion du gouvernement, tenue mercredi dernier sous la présidence du Premier ministre, Noureddine Bedoui.
A priori, le gouvernement, à travers ce mode opératoire, veut éloigner tout risque social, économique et financier qu’engendreraient les décisions judiciaires de gel des comptes bancaires des entreprises concernées. Autrement dit, l’exécutif a opté pour la mise en place de mesures de sauvegarde de l’outil de production et des emplois et ce «en conformité avec la loi», indique le ministère des Finances dans son communiqué. Cela dit, il est clair que la décision du gouvernement d’intervenir en lieu et place des propriétaires légaux va permettre de baisser la tension au sein des entreprises concernées. En effet, sans ces mesures, les incidences socio-économiques de la situation actuelle des entreprises, objet de mesures conservatoires, seraient catastrophiques. En clair, l’impact social et économique, eu égard aux dizaines de milliers de travailleurs dont les emplois pourraient être menacés par une fermeture d’unités de production ou l’arrêt de chantiers, et à l’impact juridique, découlant des contentieux pouvant naître de situations de cessation de paiement de ces entreprises vis-à-vis des fournisseurs et employés notamment, serait des plus redoutables pour le fonctionnement de nombreux secteurs d’activité en relation avec les entreprises faisant l’objet de mesures conservatoires. De plus, le gouvernement a, en outre, pris en considération, si aucune décision n’était prise, l’impact négatif découlant des engagements financiers importants contractés par les entreprises concernées auprès du secteur bancaire national, public et privé. Dans ce cas de figure, le ministère souligne qu’un arrêt des activités mettrait à court terme les entreprises dans l’impossibilité de rembourser les crédits contractés pour le financement de leurs investissements et de leur cycle de production. Toujours à propos des mesures prises par le gouvernement, ce dernier vise également à assurer la sécurité des prestations dans certains secteurs de services (transport universitaire et transport urbain), la poursuite, dans des conditions adéquates, des projets industriels en phase de réalisation, ainsi que le maintien de la cadence de production pour les sociétés en exploitation (secteur automobile, notamment).
Concernant les entreprises n’ayant pas le statut de société commerciale (personne physique commerçante), le ministère des Finances indique que l’administrateur désigné dirige l’entreprise en sa qualité de seul signataire sur tous types de dépenses liées à l’activité. «Il assure la gestion et le fonctionnement de l’entreprise, sur l’ensemble des aspects notamment financier, patrimonial et juridique», mentionne cette même source.
Soulignons que lors de la réunion du gouvernement, tenue mercredi dernier, le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a présenté un exposé sur les résultats du travail de la Commission intersectorielle de suivi des activités économiques et de préservation de l’outil national de production.
Notons que de nombreux économistes nationaux sont d’avis à ce que les unités de montage automobile à l’arrêt doivent au plus vite reprendre du service car il s’agit avant tout de sauvegarder des postes d’emploi et de mettre à l’abri le marché de l’automobile d’une crise qui provoquera une flambée des prix. Pour éviter ce scénario, ils estiment que la solution idoine serait de relancer les unités à l’arrêt par l’entremise de repreneurs fiables à même de faire en sorte que l’industrie du montage automobile se développe réellement.