L’objectif du gouvernement concernant les groupes privés, dont les patrons sont en détention provisoire, est d’assurer des conditions de bonne gouvernance de ces entités. C’est ce qu’a affirmé le porte-parole du gouvernement et également ministre de la Communication Hassan Rabhi. Ce dernier, qui se prononçait en marge de la conférence de presse organisée, hier, par le panel en charge de la médiation et du dialogue, a soutenu que le gouvernement est résolu à sauvegarder les entreprises et, par ailleurs, de trouver les solutions convergentes qui répondent à l’attente du personnel des entreprises. Interrogé pour savoir la date de mise en exécution du dégel des comptes bancaires des entreprises concernées, le porte-parole s’est contenté d’avancer :
« Cela dépendra des mesures administratives et légales à prendre par toutes les parties concernées. » Rappelons que le ministre des Finances Mohamed Loukal avait affirmé, dimanche, que le rôle des administrateurs désignés par les instances judiciaires, pour assurer la gestion des groupes privés concernés, serait de sauvegarder la viabilité de ces entités. Et de préciser également que la mission de ces administrateurs est de « conforter les assises financières et opérationnelles de celles-ci ». Chose qui, selon des sources proches du dossier, sera difficile de mettre en pratique « tant la gestion de ces groupes a évolué jusqu’ici dans l’irrationalité et loin des règles élémentaires de gestion transparentes ». Nos sources avancent même que ces entités ne seraient pas aussi viables comme le faire croire le discours officiel. En clair, « l’assainissement effectif desdites entreprises paraît impossible », affirment nos sources. Pour bon nombre d’experts, il sera en effet difficile de mettre sur rails ces entreprises tant elles ont assis depuis leur création leur activité et leur expansion sur l’accès à des privilèges. De même leur viabilité financière n’a jamais reposé sur les fruits de leurs activités, mais a été quasi tributaire de la commande et des projets publics du fait de la proximité des patrons incriminés avec le clan du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Si le déblocage des salaires au sein de ces entités privées peut effectivement être réglé rapidement, le solde de ces dernières auprès des banques est suffisant. Par contre, l’assainissement de leurs finances et de leur gestion risque de s’avérer « laborieux et fortement compliqué pour les administrateurs nommés à cet effet », évoquent nos locuteurs. Faut-il encore qu’ils aient les coudées franches pour accomplir leur mission. C’est là toute la question, car il ne s’agit pas seulement de la sauvegarde de la production et des postes d’emplois, mais aussi de préserver les intérêts de l’Etat, c’est-à-dire l’exécution des marchés publics conclus avec les entreprises dont les patrons sont en détention provisoire.