Par Hamid Bellagha
Les profondes réflexions sur la refonte de l’économie n’en finissent pas de provoquer des remous aussi bien physiques que métaphysiques. Les innombrables réformes, depuis celles de leur géniteur originel Mouloud Hamrouche en l’occurrence, ont pratiquement abouti à un flop itératif. En cause, chaque fois, une vision d’avenir teintée d’instruments du passé, comme les banques publiques fonctionnant comme à l’ère d’un socialisme triomphant, alors qu’elles prônent, sur papier, un mouvement libéral.
La pénalisation de l’acte de gestion, aussi, a eu le «mérite» de refroidir la plus grande des ardeurs des nouveaux cadres dirigeants, cheminant au téléphone plutôt qu’avec des règles économiques et financières. Des gouffres financiers en ont résulté à cause d’une gestion à l’à-peu-près. Les fossés budgétaires ont été comblés à chaque fois par l’Etat providence, plus vulgairement, par une vache à lait traite à profusion et qui a fini par se tarir.
Les chiffres injectés puis réinjectés dans des entreprises publiques moribondes depuis les années que l’on croyait fastes donnent le tournis. 1 200 milliards DA, rien que ça, ont atterri sur des comptes ou des entreprises et devaient aboutir à des portes closes tant la gabegie et l’approximation gestionnaire ont été des lois non écrites. Les gestionnaires, non soumis à des règles de performance, se promenaient d’une entreprise à une autre et d’un conseil d’administration à un autre, tout au long de leurs carrières récoltant des satisfecit illusoires, distribués par ceux-là même qui devaient tracer des garde-fous expressifs.
Malheureusement, et depuis des lustres, on reprend les mêmes actions, les mêmes acteurs, les mêmes traités et on escompte des miracles économiques et des performances à la sud-est asiatique. L’adhésion à des accords comme celui avec l’Union Européenne sur les tarifs douaniers et le commerce se sont affirmés catastrophiques même si leur application n’a été faite qu’avec des pincettes tant la destruction de la fragile économie algérienne se profilait à l’horizon.
Pour ne pas se retrouver donc une main devant et une autre derrière, et afin d’éviter un pas en avant et plusieurs en recul, il est évident que l’on ne doit plus reconduire les mêmes arguments en souhaitant des résultats différents. Car, en plus des compétences à revoir, le courage politique est celui «qui manque le moins», et si le complexe sidérurgique d’El Hadjar, l’Enie et l’Eniem doivent s’effacer comme l’ont fait auparavant l’Ecotec, l’ENCG et d’autres entreprises étatiques du passé pas si glorieux que ça, que cela se fasse