Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC, ex-FCE) Samy Agli a plaidé, hier, pour une amnistie fiscale en faveur d’une «tranche» d’entreprises précarisées par la crise sanitaire et ses conséquences.

Par Salim Benour
Il a cité en particulier celles qui sont présentes dans les secteurs des services, du tourisme, du numérique et de la communication et a, également, mentionné les entreprises du BTPH, elles aussi impactées par le choc induit par la pandémie.
De nombreuses entités économico-industrielles sont en «très mauvaise situation» et ont besoin d’une aide de l’Etat sous forme d’amnistie fiscale, a-t-il déclaré. Selon M. Agli, qui s’est exprimé durant la matinale de la Chaîne III, Radio algérienne, «ce n’est pas un choix, mais une nécessité que de soutenir ces entreprises sinistrées» et d’envisager la relance économique avec des acteurs revigorés et surtout confiants. «La situation économique est telle que les solutions passent obligatoirement par le sauvetage urgent de ce qu’il faut sauver et l’exécution des profondes réformes annoncées des institutions en lien avec les entreprises», a ajouté le patron de la Confédération du patronat citoyen. «Il y a une tranche d’entreprises qui est concernée par l’amnistie fiscale mais au-delà de l’amnistie», a-t-il poursuivi, en insistant sur l’impératif de la réforme bancaire, fiscale et d’assainissement du climat des affaires dans le pays. A propos des banques, Sami Agly a appelé au «gel immédiat des pénalités» imposées aux entreprises en retard de paiement pour qu’elles puissent disposer de la trésorerie nécessaire au maintien de leurs activités et de l’emploi.
L’analyse du président de la CAPC sur la situation de l’entreprise algérienne en ce contexte Covid confirme les résultats de l’enquête réalisée durant le printemps-été 2020 par la Banque mondiale et ses partenaires sur le «Pouls des entreprises Covid-19 (Covepe)» : un panel de plus de 100 000 entreprises de 51 pays, dont l’Algérie. La partie Covepe Algérie a porté sur un groupe de 431 entreprises. 32% d’entre elles étaient au moment de l’enquête fin juillet-mi-août 2020 déclarées «partiellement ou entièrement fermées» et 17% d’entre elles ont licencié leurs employés. Selon l’enquête, 40% des entreprises souhaitaient des paiements différés sur les loyers et les factures d’énergie, tandis que 24% et 22% étaient favorables à des réductions d’impôt et de cotisations sociales. Samy Agli a rappelé l’engagement de l’entreprise algérienne dans l’effort de solidarité anti-Covid en indiquant que des PME/PMI ont produit et distribué gratuitement des masques et de l’oxygène médical pour la prise en charge des malades de la Covid. «Des générateurs ont été montés un peu partout et on est sur le point de fournir plusieurs autres générateurs et concentrateurs», a-t-il indiqué également.
En ce qui concerne les victimes des incendies de forêt, le souci est double, a-t-il affirmé : «Venir en aide aux nécessiteux et préserver la disponibilité des produits sur le marché.» «Nos énergies doivent être mobilisées pour sauvegarder les postes d’emploi et assurer l’approvisionnement en fournitures de grande nécessité aux citoyens», a-t-il souligné. n