Confrontées aux risques d’une éventuelle nouvelle vague des contaminations au Covid-19, les entreprises ne semblent pas prêtes à affronter une reprise de l’épidémie, alors que plusieurs d’entre elles ne se sont pas encore remises des conséquences de la première vague violente subie courant 2020.

Par Hakim Ould Mohamed
L’hypothèse d’une troisième vague est d’autant plus plausible étant donné la hausse fulgurante des cas de contamination ces derniers jours ; le pays dépassant vendredi dernier la barre des 800 contaminations quotidiennes pour la première fois depuis novembre 2020, craignant de plus en plus une nouvelle aggravation de la crise sanitaire. Signe d’une alerte qui ne trompe pas, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a présidé, samedi, une réunion du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, au cours de laquelle il a été décidé d’une «réactivation ferme» des mesures préventives et l’accélération de la cadence de vaccination. Dans les médias, les médecins multiplient les appels au respect des gestes barrières et à la vaccination. Le nombre des contaminations est en forte hausse depuis plusieurs semaines, avec la multiplication des variants Delta et Alpha. Face à la recrudescence des cas dans le pays plane l’inquiétude d’une nouvelle vague, dont l’impact sera assurément violent si des mesures de confinements venaient à être à nouveaux décrétées. Pour beaucoup d’entreprises, dont certaines se sont retrouvées fragilisées par les précédentes mesures de confinement, un second épisode épidémique serait synonyme d’une faillite. Au plan plus global, une nouvelle vague, qui pourrait submerger des secteurs déjà fragiles, pourrait retarder le retour tant espéré de la croissance. Il y a quelques jours, la banque centrale a dévoilé un programme spécial de refinancement dédié à aider l’économie nationale à retrouver le chemin de la croissance. Ce programme spécial de refinancement consiste en des opérations de cession temporaire d’apport de liquidités effectuées à l’initiative de la Banque d’Algérie. Ces opérations portent sur des échéances de douze (12) mois, renouvelables à deux reprises. Le montant plafond alloué dans le cadre du programme spécial de refinancement est de 2100 milliards de dinars, avait précisé la banque centrale. C’est un programme attendu de longue date par l’ensemble des opérateurs économiques et des banques et qui est censé répondre aux difficultés de mobiliser les ressources financières conventionnelles. Un nouveau tour de vis sanitaire pourrait ainsi non seulement affaiblir davantage les nombreuses entreprises affectées par le Covid-19, mais aussi remettre à plus tard les espoirs de voir l’activité économique reprendre. Si de nouvelles mesures destinées à contenir la résurgence de l’épidémie venaient à voir le jour, la fragilisation d’une bonne partie du tissue productif parait inévitable, alors que beaucoup d’entreprises, particulièrement les PME, peinent encore à se remettre des conséquences du précédent tour de vis sanitaire. Les politiques semblent être confrontés à un dilemme cornélien ; reconfiner ou pas. Le choix n’est pas simple dans cette conjoncture de tensions financières que traverse le pays. La facture d’un second tour de vis sanitaire pourrait s’avérer en effet salée aussi bien du point de vue microéconomique que macroéconomique. Le chef de l’Etat semble privilégier jusqu’ici l’option du renforcement des mesures préventives et l’accélération de la cadence de vaccination, mais la menace des variants est réelle et pourrait conduire à une forte hausse des cas de contamination. Lors du précédent confinement du printemps et d’été 2020, l’activité économique a connu un ralentissement sans précédent ; plusieurs secteurs d’activité, à l’instar du BTP et des transports, se sont carrément arrêtés. Seule l’Agriculture a tenu bon face à l’épidémie. Face à la hausse exponentielle du nombre des contaminations, à leur plus haut niveau depuis novembre 2020, il est pour le moins difficile de mesurer l’impact d’un probable nouveau tour de vis sanitaire sur l’économie et les entreprises. n