Le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) vient de rendre publics les résultats d’une enquête statistique sur l’entreprise algérienne face à la pandémie du nouveau coronavirus. Il s’agit d’un sondage en ligne et qui reste ouvert avec l’annonce d’un «point trimestriel», selon Care.

Désigné par la dénomination «L’Entreprise et la Covid-19», il est présenté comme une suite au «Plaidoyer pour la sauvegarde de l’Entreprise algérienne», une initiative documentée que le Cercle et le CJD ont élaboré, en mars dernier, pour relever le «caractère urgent» de l’intervention de l’Etat pour le maintien des entreprises en activité dans la situation actuelle de crise sanitaire.
L’enquête a été effectuée entre le 6 mai et le 5 juillet 2020. Son objet est de démontrer l’impact de la Covid-19 sur le moral et les affaires des entreprises «tout en dessinant le contour de l’action gouvernementale tel que les entreprises le souhaiteraient», est-il précisé par Care dans le communiqué de présentation de l’enquête. Celle-ci a été menée à partir d’une douzaine de questions réparties à travers quatre axes ou grands thèmes, «leadership», «fiscalité», «monétaire» et «axe social et sanitaire».
Cent quatre-vingt managers ont répondu aux questions. En ce qui concerne le thème relatif au leadership, 17% se sentent moralement «dévastés» par la crise sanitaire, 4% se déclarent optimistes, tandis que 60% des sondés sur le moral lui accorde la note de 2/4. Pour la fiscalité, 15% répondent par l’affirmative à la question s’ils sont en situation de remplir leurs obligations fiscales et parafiscales mensuelles. 56% déclarent ne pas être en mesure de le faire. Sur la décision du gouvernement de reporter les échéances fiscales à juin 2020, 47% des chefs d’entreprise interrogés jugent que cette mesure est «inefficace», 11% considèrent comme «performantes» les mesures prises par l’Etat. A la question si votre entreprise est en contentieux fiscal et parafiscal qui menacerait sa survie, 75% des managers interrogés répondent par l’affirmative. Par rapport à l’axe monétaire, et à l’interrogation portant sur le besoin des entreprises en financement pour leurs opérations d’exploitation, le paiement des congés et d’autres échéances notamment, 61% affirment que ce besoin est «urgent», 22% en auront peut-être besoin alors que 16% affirment «s’en sortir avec leurs propres moyens».
A la question si leurs entreprises sont engagées dans des crédits bancaires avec des échéances de paiement immédiates, 56% des managers interrogés répondent par la négative. «Ces échéances sont dues pour presque la moitié des sondés», indique Care. A la question si ces entreprises sont en contentieux ou précontentieux avec leurs créanciers, 24% des sondés répondent par l’affirmative. Sur la proportion du chiffre d’affaires impacté par la crise, 17% des sondés ont répondu «100% du CA est impacté», 8,5% disent que «60% de leur CA est impacté», 7,4% annoncent «40% du CA», 8,5% communiquent «30% du CA» et 4,5% affichent un impact de «10% du CA».
Enfin, pour l’axe social et sanitaire, quatre questions ont été posées aux chefs d’entreprise. Pour 67% des sondés, personne de leur entourage n’a été atteint par la Covid. 76% d’entre eux jugent «appropriées les mesures de confinement», 9% ne s’estiment «pas en mesure d’assurer la sécurité des employés ni observer les consignes sanitaires», ce qui est, en revanche, «tout à fait à la portée de 33% des sondés», 44,9% des chefs d’entreprise déclarent être capables de payer les congés anticipés à leurs personnels, 29,2% déclarent «ne pas en avoir les capacités». A la question ultime sur la façon dont ces chefs d’entreprise participent à l’effort national contre la crise sanitaire, les réponses les plus fréquemment citées, indique Care, sont «la prise en charge des salaires, le télétravail, le travail associatif de sensibilisation, les dons aux PME de produits d’entretien, la communication».