L’Etat est-il sur le point d’enclencher une nouvelle restructuration de son patrimoine industriel ? Le dispositif des PPP (partenariats public-privé) a été officiellement retenu pour tenter un redémarrage de l’activité économique. A ce propos, une charte dédiée aux partenariats public-privé sera signée samedi prochain, avons-nous appris auprès de sources patronales.

Cette charte devrait être paraphée par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia et le président du FCE, Ali Haddad, précise notre source qui souligne qu’un grand show se prépare à la centrale syndicale, comme pour donner à l’évènement l’importance d’un grand rendez-vous socioéconomique. Pour aider à la mise en œuvre de la nouvelle politique publique de développement de la PME, l’agence nationale qui était en charge de cette question a été appelée à se réformer en ayant comme nouvelles missions l’appui aux partenariats public-privé. Cette mesure a été inscrite au crayon-feutre dans le projet de loi de finances 2018 (article 124), validé récemment par le Parlement. Pour les autorités publiques, la migration vers un nouveau modèle de croissance devient de plus en plus une urgence pressante. Pour accompagner cette transition, le gouvernement prépare une série de mesures qui concourent à l’adaptation des cadres institutionnel et juridique régissant l’économie et l’investissement. Certaines mesures ont été mises en application, tandis que d’autres sont en cours ; dont le nouveau code de l’investissement, un projet de loi sur les partenariats public–privé, et un nouveau code des douanes. Les partenariats public-privé, tout comme la nouvelle loi sur l’exploitation minière et le nouveau code du travail figurent parmi les dispositifs en cours de préparation et qui devraient accroître la préparation du secteur privé dans l’économie. La signature, samedi, d’une charte sur les PPP inaugure un processus procédural qui finirait par la publication d’une loi-cadre sur le PPP. Tout reste à faire ; le suivi, la gestion, le financement des PPP, les secteurs concernés par ce dispositif… Ce dispositif permettrait aux chefs d’entreprises privées d’entrer dans le capital des groupes publics et/ou de créer des sociétés mixtes qui s’affaireront à conduire et à gérer des projets d’équipement.
La volonté du gouvernement de travailler main dans la main avec le patronat pour migrer vers un nouveau modèle de croissance a été affichée avec clarté dès 2015 (LFC), où le modèle du PPP a été suggéré comme étant un des dispositifs appropriés. Il semblerait qu’un premier compromis ait été trouvé. Ahmed Ouyahia devrait serrer, samedi, la main d’Ali Haddad dans l’acte I de ce partenariat public-privé. Le concours de la centrale syndicale dans cet acte I de la naissance des PPP en Algérie consiste à tranquilliser les travailleurs quant aux vrais objectifs de ces PPP ainsi qu’à l’engagement de l’Ugta auprès du gouvernement dans sa tentative de relancer la croissance. Les travailleurs du secteur privé craignent que le dispositif des partenariats public-privé ne soit un retour déguisé aux privatisations. <