« Les entreprises aujourd’hui doivent être performantes, agiles et d’une rigueur absolue. Elles n’ont pas le droit à l’intuition », lance Madjid Bouzar, responsable du département d’études en Relations internationales à l’université de Strasbourg.

Pour le consultant franco-algérien en management, les entreprises algériennes doivent de plus en plus axer leurs efforts sur une stratégie d’entreprise visionnaire et innovante. Le contexte géopolitique mondial « est une opportunité », selon Madjid Bouzar, qui a représenté lundi l’école de management TEMA lors de la signature d’un partenariat avec le World Trade Center Algeria. Partenariat qui prévoit le lancement, à partir de la rentrée prochaine, d’un mastère « management de clusters et de réseaux territoriaux ». Un monde multipolaire, où l’Occident est de moins en moins hégémonique, doit inciter les entreprises algériennes à « engager un développement basé sur une réelle stratégie. C’est l’absence de stratégie qui est problématique dans les pays en développement », indique le consultant. S’exprimant sur les clusters, Madjid Bouzar a appelé à entreprendre une stratégie qui s’inscrit au niveau territorial. « Il faut qu’il y ait une politique territoriale dynamique. Aussi, les entreprises doivent disposer d’un personnel formé de façon optimale en adéquation avec les besoins du monde professionnel », prône-t-il. Il relève la nécessité de faire correspondre les formations à la réalité professionnelle, de plus en plus évolutive, notamment avec l’arrivée en masse des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Technologies qui remodèlent le modèle organisationnel de l’entreprise mais aussi celui des nations. « Il est nécessaire de changer de logiciel de pensée en permanence pour se mettre au niveau requis. L’entreprise doit avoir un savoir-être et un savoir-faire, le savoir-être étant la veille concurrentielle, l’anticipation en permanence et être proactif », explique le consultant en management des entreprises. « Jeremy Rifkin, un prospectiviste, parle d’une troisième révolution industrielle », raconte Madjid Bouzar, une révolution permise par un contexte de transition énergétique, qui verra le recours aux énergies fossiles se raréfier. « La reconfiguration du parc immobilier mondial est en mutation aussi », affirme le consultant franco-algérien, évoquant l’exemple des smart-grid, les bâtiments intelligents. « Chaque foyer sera transformé en fabrique de production d’énergie », confie-t-il.