«Nous nous opposons fermement à ce que nos représentants soient convoqués par le tribunal, et encore plus à ce qu’ils soient incriminés de quoi que ce soit. Nous avons commencé ensemble, et nous finirons ensemble». Des propos qui ne laissent pas de doute sur les intentions des travailleurs de l’Etrag, (ex-Sonacome), d’aller jusqu’au bout de leurs revendications qui devaient trouver une issue à la fin de la semaine écoulée. Mais la surprise fut la convocation adressée à une dizaine de travailleurs du complexe accusés de «bloquer le travail de l’entreprise et incitation à la grève» de manière illégale, selon l’administration. L’action est légale selon les grévistes et les cadres de l’UGTA locale, à leur tête le secrétaire général, qui en se présentant aussi sur le parvis du tribunal ont donné un blanc-seing aux contestataires de l’Etrag. Devant l’intransigeance des travailleurs, le tribunal a fini par annuler les convocations des «suspects», en fin de semaine. Cela n’a pas suffi à atténuer l’ire des grévistes, au contraire. Maintenant, ils investissent les alentours du tribunal en exigeant cette fois à ce que la justice ouvre une enquête sur la gestion de leur entreprise et convoque le directeur de l’Etrag. Il faut savoir que la situation semblait aller vers un dénouement quand les travailleurs de l’Etrag avaient investi le centre-ville de la ville de Constantine, et obtenu une entrevue avec le wali. Ce dernier leur avait promis de prendre langue avec leur tutelle pour essayer de ramener le calme et leur retour à leurs postes de travail. L’espoir a vite fait de s’estomper quand les travailleurs furent surpris de découvrir des convocations au tribunal de Khroub pour plusieurs de leurs camarades. Le tribunal annulera en fin de compte les convocations adressées aux mis en cause, estimant que la plainte déposée par l’administration n’est pas recevable.
Les grèves font tache d’huile
Les travailleurs de l’hôpital de Khroub, quant à eux, ont fait monter de quelques degrés la tension en fermant les accès à l’hôpital et les routes le jouxtant. Ils exigent le versement immédiat de la paie d’avril, et maintiennent leur revendication principale, à savoir le départ du directeur des lieux, qui est revenu à son poste de travail, après un « faux départ», nous informera un travailleur sur place. Le feu des grèves s’étant propagé à plusieurs foyers de contestations au sein de plusieurs entreprises constantinoises, c’était au tour des employés de l’entreprise de la gestion communale de Ali-Mendjeli de tenir un piquet de grève samedi. «Nous sommes dans une situation catastrophique. Nos responsables communaux sont payés à presque trente millions par mois, alors que nous, nous attendons toujours les primes promises, et nous avons appris que les salaires des 400 travailleurs de l’entreprise se sont évaporés. Les responsables communaux n’ont d’autres soucis que de se chamailler pour l’octroi des postes bien rémunérés, les travailleurs sont superbement ignorés, et nos droits les plus élémentaires et nos conditions de travail ne semblent pas inquiéter nos responsables. Parfois nous n’avons même pas de balais pour faire notre boulot, et on ne parle pas de tenues ni de gants, etc., alors que les responsables se promènent dans des voitures de fonction de luxe». Les contestataires sont quand même revenus à de meilleurs sentiments lors de la matinée de dimanche, le wali ayant pris en charge leurs revendications, après avoir convoqué les élus de l’APC pour de plus amples informations sur la situation dégradée que vivent les agents communaux de la voirie depuis plusieurs années.<