Les travailleurs de GTP, en grève dans plusieurs régions du Sud depuis une semaine, réclament le départ du directeur régional et la dissolution du syndicat en plus d’autres revendications socioprofessionnelles en suspens. Bien que la direction régionale ait ordonné la fermeture des bases de vie en ce début du mois de Ramadhan, les employés décident de maintenir leur mouvement de grève, enclenché le 30 avril dernier.
Depuis une semaine, plus de 90% des travailleurs de l’entreprise des grands travaux pétroliers GTP, filiale névralgique de la compagnie Sonatrach, mènent une grève ouverte dans toutes les unités implantées dans le Grand-Sud du pays pour exiger des responsables de répondre à leurs revendications socioprofessionnelles. Une grève ponctuée par des sit-in matinaux et nocturnes réguliers devant les sièges de leurs bases respectives établies à Hassi Messaoud et Hassi-R’mel. Leurs collègues d’In Aménas, Gassi Touil, Ohanet et TFT et Ourhoud, appartenant à la même filiale, ont rejoint le mouvement de protestation.
Après l’échec des pourparlers entre la direction de l’entreprise et les grévistes, et devant la persistance de la grève, la direction régionale a procédé, à travers une note interne datée du
4 mai 2019, à la fermeture des bases de vie LPG et Irara et à la mise en congé de l’ensemble du personnel. Cette décision est entrée en vigueur hier, 6 mai 2019, indique la même note, en précisant que pour les bases éloignées, «la prise en charge en matière d’hébergement et de restauration sera imputée au personnel en arrêt de travail». Dans cette note, dont nous disposons d’une copie, la direction régionale de Hassi Messaoud a souligné la gravité de la situation en indiquant que la poursuite de la grève perturbe gravement le fonctionnement de l’Entreprise, met à l’arrêt les projets en cours et menace sa pérennité si venait à perdurer. Tout en évoquant «une violation des dispositions légales par les employés malgré les engagements pris en vue d’une prise en charge de leurs requêtes». L’entreprise avait promis, lors d’une réunion tenue mercredi dernier entre le partenaire social et la direction régionale de GTP, d’examiner graduellement tous les points contenus dans la plateforme de revendications, dont notamment l’application du régime de travail 4×4 comme le reste des sociétés pétrolières, l’alignement de leurs salaires sur ceux des employés de Sonatrach avec une augmentation de 20%, l’amélioration des conditions d’hébergement et de restauration, la prolongation des contrats à un an et la permanisation des employés ayant quatre ans et plus de services. Une délégation composée du directeur général adjoint de GTP, du directeur des ressources humaines et d’un représentant syndical s’est rendue à Hassi Messaoud pour tenter de résoudre ce conflit opposant la direction régionale de Hassi Messaoud et le collectif des travailleurs des régions du Sud. A l’issue de cette réunion, la direction de l’entreprise GTP s’est engagée à examiner l’ensemble des revendications soulevées dans le préavis de grève du 30 avril dernier, tout en exhortant les personnels à regagner leur poste. Un engagement qui n’aura visiblement pas suffi à convaincre les protestataires, qui comptent donc poursuivre le mouvement jusqu’à la satisfaction de tous les points de la plateforme de revendications, mettant en péril l’une des plus importantes filiales de la compagnie nationale d’hydrocarbures.