Par Bouzid Chalabi
Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) Sami Agli persiste et signe : «Sans stabilité juridique, les chefs d’entreprise ne peuvent aller de l’avant dans leurs activités respectives.» Et ce dernier d’arguer, par ailleurs, lors de son passage hier sur la Chaîne I, de la Radio nationale, «des ordonnances et des lois régissant le monde des affaires sont, en effet, souvent remises en cause aux moyens des lois de «nces annuelles ou complémentaires et, parfois, par décrets exécutifs promulgués par les pouvoirs publics en totale contradiction avec la réalité du terrain. Par cet effet, des milliers d’entreprises, qui avaient établi leurs business-plans sur la base de la législation en vigueur se retrouvent ainsi constamment déstabilisées par une profusion de lois et règlements, souvent confus et contradictoires». Comme il estime que devant le constat d’échec de notre politique économique, «il devient impératif d’instaurer en lieu et place un système juridique stable. Et c’est là une condition majeure pour que notre économie puisse renouer avec la croissance». Autres conditions, selon le patron de la CAPC, «l’accompagnement des entreprises impactées par la crise sanitaire causée par la pandémie de la Covid-19 par des exonérations fiscales, la révision à la baisse des conditions de prêts bancaires et, enfin, l’assouplissement des procédures administratives». Autrement dit, il s’agira pour l’invité de la chaîne I «d’alléger la pression fiscale, le poids de la bureaucratie, les conditions des prêts bancaires». Considérant que ce sont là des préalables à la restauration d’un climat de confiance entre les industriels et les pouvoirs publics et poursuivant dans ce sens, «les hommes d’affaires attendent des mesures courageuses de la part de l’Exécutif afin qu’ils puissent atténuer les dommages de la crise économique que traverse le pays». A propos d’aide, le patron de la CAPC a signifié «la nécessité d’inclure des mesures urgentes au profit des entreprises en mauvaise posture «ncière si l’on veut les sauver et les maintenir en activité. Sans quoi il n’y aurait pas de décollage économique du pays et encore moins de croissance».
Rebondissant sur la question du marché parallèle, Sami Agli n’a pas mâché ses mots encore une fois : «La lutte contre le marché parallèle est de plus en plus nécessaire et utile car il représente plus de 50 % de notre économie. Ce qui équivaut à un bloc de trésorerie de 60 milliards de dollars.» Ce dernier s’est aussi prononcé sur les secteurs d’activités les plus touchés par la crise économique. Dans ce registre, le premier responsable de l’organisation patronale a cité, en particulier, le secteur des services qui, selon lui, mérite d’être sauvé parce qu’il est en mesure de réduire les sommes en devises dues aux entreprises étrangères de services. Autres secteurs durement impactés par la crise sanitaire, celui du tourisme, et auquel Agli dira : «Il faut lui venir en aide par des actions concrètes.»
Samy Agli est enfin revenu avec insistance sur le rôle des banques. Pour ce dernier, «l’essor de toute l’économie repose sur l’efficacité du système «ncier en place. Il est temps que nos banques jouent leur rôle et non de se dresser en rempart sur le parcours des investisseurs». «lement, il a lâché : «Nous autres industriels, nous sommes toujours dans l’attente de mesures courageuses qui puissent nous redonner confiance dans nos activités respectives.»

Des projets de fabrication locale de concentrateurs d’oxygène
Le président de la CAPC a par ailleurs annoncé que des opérateurs économiques membres de la confédération étaient en passe de créer des usines de fabrication de concentrateurs d’oxygène localement.
«Des membres de notre organisation travaillent d’arrache-pied pour fabriquer des concentrateurs d’oxygène en Algérie, et nous leur apportons soutien et accompagnement», a-t-il déclaré. Pour concrétiser ces projets, une coordination est actuellement en cours avec le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique et le ministère de la Santé pour l’homologation «le et la conformité des produits aux normes en vigueur afin de les adopter définitivement et commencer à les produire localement, a-t-il ajouté.
Concernant les actions de solidarité menées par l’organisation qu’il préside pour lutter contre la pandémie de la Covid-19, M. Agli a expliqué que «les différents membres ont mobilisé toutes les ressources «ncières et humaines disponibles pour apporter le soutien aux patients et aux hôpitaux, en termes d’oxygène, de masques et autres», soulignant que plus de cinq millions de masques sanitaires ont été livrés. Il a également révélé une démarche en cours pour l’acquisition de 5.000 concentrateurs d’oxygène, afin de répondre à la forte demande sur ce produit vital.