En plus de gérer le stress et la peur de l’échec au baccalauréat, les candidats auront à vaincre celle de contracter le coronavirus. Les associations des parents d’élèves, comme des syndicats des professionnels de l’éducation ne s’attendent pas, vu le contexte très contraignant pour les candidats, à un taux de réussite au baccalauréat très élevé. «On pense que le taux de réussite ne dépassera pas les 20%. En temps normal déjà, passer l’épreuve du baccalauréat est très difficile pour les candidats. Si on lui ajoute la peur du virus, ce sera encore plus dur», estime le secrétaire général du Syndicat national autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura.
Selon lui, les élèves ne sont pas bien préparés pour passer le bac sur le plan psychologique comme sur le plan pédagogique. «Ils vont passer directement le bac après une interruption des cours pendant plus de six mois. Certes, les cours à distance et les révisions peuvent aider. Mais rien ne peut remplacer les cours en classe et le suivi de près par les enseignants», soutient-il.
Les associations des parents d’élèves partagent le même constat. «On appréhende, d’une part, parce qu’ils seront exposés aux risques de contamination à la Covid-19 et, d’autre part, parce qu’ils vont passer un examen déterminant de leur cursus scolaire alors qu’ils ne sont pas bien préparés. Dans les deux cas, c’est une épreuve psychologique pour eux et pour les parents», confient-elles. Les candidats qui ont suivi des cours particuliers, ajoutent-elles, et qui sont assistés par des parents instruits, seront plus chanceux que ceux qui n’ont pas pu se permettre des leçons privées et accompagnés par des proches avertis. «Les candidats auront à subir une telle pression que les tentatives de triche ne sont pas à écarter. Plus le candidat aura peur de l’échec, plus il sera tenté de tricher. D’ailleurs, même en temps normal, et en dépit de sanctions très sévères introduites récemment, venir à bout de la triche serait utopique. C’est un phénomène qui touche tous les pays du monde et qui se pratique dans tous les examens et concours et non seulement aux épreuves du bac», estiment-elles. Les associations des parents d’élèves jugent d’ailleurs trop sévères les sanctions contre les candidats tricheurs. «Les sanctions administratives déjà sont rigoureuses. Que les candidats tricheurs soient exclus des examens du bac pendant cinq ans, c’est plus que sévère. Les soumettre en plus à des poursuites judiciaires avec des risques d’emprisonnement, c’est trop dur pour des enfants âgés de 16 et 17 ans. Cela pourrait être appliqué envers les candidats libres mais pas envers les adolescents», estiment-elles.
Pour revenir à l’interruption des cours pendant six mois, le porte-parole du Cnapeste, Messaoud Boudiba, la qualifie, pour sa part, d’une «chance» pour les candidats du Bac comme pour ceux du BEM. Pour lui, six mois est un laps de temps plus que suffisant pour la révision des cours et pour demander assistance afin de combler les lacunes.
«Surtout que les sujets, que ce soit pour le bac ou pour le BEM, sont puisés des cours dispensés au cours des deux premiers trimestres. Les élèves, donc, ont eu tout le temps pour se préparer», assure-t-il. <