Bien que le médecin de l’équipe nationale, Dr. Mohamed Boughlali, ait jugé que les internationaux Bensebaïni, Brahimi, Mandi et Doukha soient déclarés positifs à la COVID-19 comme « cas isolés », les contaminations d’autres membres de l’entourage de l’EN viennent susciter les craintes. En effet, une dizaine de cas, staffs et joueurs réunis, ont été recensés suite au dernier regroupement de novembre. Assez pour évoquer un cluster au sein des « Fennecs », puisque les virologues utilisent ce terme quand il y a plus de dix cas se trouvant au même endroit. Le Centre technique national (CTN) de Sidi-Moussa est dans le collimateur.

On en parlait dans ces mêmes colonnes dans l’édition de mercredi dernier évoquant une possible contamination collective au Coronavirus au sein de l’équipe nationale en marge du stage de novembre. Cette hypothèse a pris de l’épaisseur avec Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), et Djamel Belmadi, sélectionneur de l’EN, qui ont été déclaré positifs vendredi en compagnie du latéral droit Mohamed Réda Helaïmia. Le nombre de cas est assez important pour évoquer donc un cluster. Des joueurs, des membres administratifs et du staff technique ont chopé la COVID-19. Une dizaine de cas qui viennent balayer le diagnostic superficiel et « dédramatique » établi, la semaine dernière, par le premier responsable du staff médical de la sélection, le Dr. Mohamed Boughlali. Ce dernier avait estimé que « cette situation peut être qualifiée de situation isolée car elle n’est pas du tout consécutive au voyage de la sélection algérienne au Zimbabwe.» Il avait aussi rappelé que « tous les membres de la délégation ont été soumis à des tests COVID et aucun cas positif n’a été signalé, ni au sein des joueurs, ni au sein de toute la délégation » non sans assurer que « la Fédération algérienne de football (FAF) a mis tous les moyens pour assurer l’application du protocole sanitaire pour toute la délégation algérienne.»

Protocole pris avec légèreté ?
Quelques jours après, les faits sont là. Et ils viennent démentir le constat fait par le Dr Boughlali. Helaïmia est, lui aussi, porteur du virus comme communiqué par son club vendredi. Quant à Belmadi, il aurait été mis au courant que son échantillon était positif il y a 5 jours de cela. Quand on fait les comptes en considérant la période d’incubation de la COVID-19, située entre 3 et 5 jours pouvant s’étendre jusqu’à 14 jours selon les spécialistes, on se rend compte qu’il avait trouvé sa voie vers l’organisme de certains membres de la délégation partie à Harare en marge de cette date FIFA de novembre. Peut-être que les règles de distanciation n’ont pas été scrupuleusement respectées et la précaution n’a pas été poussée à son maximum face à une pandémie difficile à contrôler une fois qu’elle réussit à percer un environnement. S’il y a eu une contamination massive, ce n’est aucunement dans l’intérêt de la FAF et sa réputation auprès des clubs de nos internationaux. Surtout qu’en Europe, le protocole est assez sévère et inflexible. Ce qui pourrait amener les employeurs à bloquer la sortie de nos « Fennecs » lors des prochaines dates. Comme ce fut le cas avec Mohamed Fares pour le regroupement écoulé. Pour rappel, la Lazio Rome, qui faisait objet d’une enquête sanitaire en rapport avec le virus en question, ne lui avait pas permis de se rendre en Algérie.

La FAF préfère ne pas en parler
Dans tout cela, l’instance fédérale, dont le charger de communication avait été contaminé lui aussi, ne semble pas vouloir trop s’étaler sur cette situation préoccupante. Une com’ qui semble grippée avec une rétention de l’information pour faire croire que tout est sous contrôle. Mais ce n’est aucunement le nombre de cas positifs.
Aussi, si la FAF n’a pas pu minimiser le risque de contamination dans des groupes assez restreint (on rappellera que l’EN U20 a recensé 6 cas fin octobre) quid de notre football local et le championnat qui a débuté ce week-end ? Les indices de défaillances sont là pour laisser, légitimement, penser que les responsables ne sont clairement pas en mesure de maîtriser cet invité. Surtout qu’il a été convenu de faire jouer les 38 journées de la Ligue 1. La témérité est avérée. n