En dépit d’une production américaine à des niveaux records, les cours du pétrole évoluaient hier dans une tendance haussière, soutenus par les efforts de l’Opep dans le cadre de la réduction de la production. Laquelle réduction a, pour rappel, atteint près de 800 000 barils par jour, tel que convenu lors de la réunion Opep-non-Opep tenue à Vienne début décembre 2018.

Ainsi, pour le dernier jour de la semaine, l’Inter Continental Exchange (ICE) de Londres affichait, en mi-journée, un prix de 67,49 dollars pour le baril de la mer du Nord (livraison en avril), en hausse de 42 cents par rapport à la clôture de jeudi et à son plus haut niveau en plus de trois mois. A New York, le baril américain de WTI WTI pour la même échéance gagnait 30 cents à 57,26 dollars.
L’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA) a annoncé que les Etats-Unis ont atteint un nouveau record de production, à 12 millions de barils par jour (mbj). Mais cette information « a glissé sur le marché comme sur les plumes d’un canard », ont commenté les analystes de Commerzbank, en référence à des prix qui n’ont que modérément réagi jeudi et restaient en nette hausse sur la semaine. Ceci d’autant que le record réalisé par la production américaine était attendu, sachant que l’EIA « prévoyait même dans son rapport mensuel une production moyenne de 12,1 mbj pour février », ont rappelé les mêmes analystes, alors que de leur côté, les Goldman Sachs prévoient une baisse plutôt limitée des prix à court terme. En effet, malgré le bond de l’offre aux Etats-Unis, « les baisses de production volontaires et involontaires de l’Opep vont limiter la baisse des prix à court terme », ont estimé ces derniers. L’Opep et ses partenaires, dont la Russie, se sont engagés à limiter leurs extractions depuis début janvier. Un engagement qui n’a pas été totalement respecté par les pays non-membres de l’organisation. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial, produit nettement en deçà des niveaux convenus début décembre et a obtenu récemment des promesses des participants à l’accord qui ne l’ont pas respecté en janvier.
Outre la baisse appliquée par l’Opep, le marché évolue avec des productions iranienne et vénézuélienne réduites, suite aux sanctions imposées à ces deux pays par les Etats-Unis.<