Le Directeur de l’enseignement primaire auprès du ministère de l’Education nationale Kacem Djahlan a saisi l’occasion du retour des enseignants et personnels pédagogiques au niveau des établissements scolaires après plus de 5 mois de «coupure» pour apporter des éclaircissements quant au travail qui attend son secteur dans le contexte «exceptionnel» de la crise de Coronavirus.
La mission du ministère de l’Education nationale, a expliqué le directeur de l’enseignement primaire, est d’assurer, demain mardi, le retour des élèves et de les sensibiliser quant aux mesures sanitaires, tout en préparant également les examens du BEM et du Baccalauréat ainsi la rentrée 2020/21, le tout avant le 4 octobre prochain.
Mission difficile, mais Kacem Djahlan, qui s’exprimait sur les ondes de la radio nationale, a tenu à se montrer «rassurant», en expliquant que le processus était aujourd’hui «officiellement» lancé avec le retour dans les écoles, collèges et lycées des enseignants et équipes pédagogiques. Le responsable précise ainsi qu’il s’est agi hier de près de «450 000 personnes qui rejoignent leurs établissements scolaires pour la signature de procès-verbaux de reprises». La prochaine étape est l’accueil des élèves, le mardi 25 août, dans le contexte «particulier» des mesures sanitaires contre le coronavirus.
Kacem Djahlan assure qu’un «protocole sanitaire et des mesures de prévention strictes ont été mis en place pour la protection de la santé des élèves et de l’ensemble du personnel des établissements». Quant au travail avec les élèves, il sera dans un premier temps consacré à la «poursuite» de l’année scolaire 2019/20, avec la préparation pédagogique et psychologique aux examens du BEM et du Baccalauréat : «Le ministère a à ce titre décidé d’organiser des séances dédiées aux révisions, ainsi qu’à la préparation psychologique des élèves inscrits aux examens». Ces séances de révisions à l’intérieur des établissements ont aussi pour but de «ramener les élèves dans une ambiance de travail scolaire (…) Ce sera aussi une occasion de nous préparer, de tester notre interaction avec les mesures sanitaires que les élèves et le personnel devront aussi respecter dans les centres d’examen à partir du 7 septembre pour le BEM et du 13 septembre pour le bac».
A ce titre, le responsable explique que toutes les mesures pour l’accueil des candidats sont prises au niveau des établissements. «Nous espérons que tout le monde respectera les consignes sanitaires. Cela est indispensable pour garantir la sécurité personnelle et celle des autres», indique-t-il. Il s’agira notamment de balisages au sol, de prise de température pour détecter les cas suspects ou encore la surveillance des distances de sécurité et le port du masque, explique le responsable. En ajoutant que les mesures concernent tous les espaces, «les cours d’école mais surtout les salles de classe». Un «plan sanitaire», ajoute le responsable, qui a été mis en place en collaboration avec les spécialistes de la santé. «Le protocole de prévention sanitaire a été accepté par le conseil scientifique du ministère de la Santé (…) Je peux donc vous dire que ces mesures prennent en compte tous les aspects liés à la prise en charge de la santé des élèves et du personnel éducatif dès leur l’entrée dans les établissements et jusqu’à leur sortie».
Un programme pédagogique «hybride»
Quant au second volet du travail de préparation du ministère de l’Education nationale, il s’agit, explique Kacem Djahlan, de préparer et d’assurer la réussite de l’année scolaire 2020/21 prévue dès le 4 octobre prochain. Une année qui s’annonce également inédite, tant l’Education nationale devra «innover» pour rattraper les cours «perdus», pallier les conséquences des mesures de distanciation sanitaire, mais surtout «réinventer» l’éducation en y intégrant l’enseignement à distance. Ainsi, Kacem Djahlan explique que pour cette nouvelle année, le nombre d’élèves en classe sera réduit : «Nous avons décidé que les groupes seraient réduits, cela est nécessaire pour le respect des mesures. La consigne est de ne pas dépasser les vingt élèves par groupe, avec un élève par table». Une mesure sanitaire qui aura cependant un impact sur la capacité des établissements à accueillir leurs élèves. Le responsable précise à ce titre : «Notre objectif est toujours d’assurer l’éducation de chaque élève quelle que soit l’exceptionnalité des conditions. Mais il est aussi certain qu’il y a des conséquences, avec des classes de vingt élèves, il y aura un impact sur le volume horaire. Mais il y a aussi des mesures pédagogiques que nous pourrons prendre, nous les détaillerons en temps voulu».
Des classes réduites
et impact sur le volume horaire
Une conséquence d’autant plus préoccupante que de nouvelles infrastructures n’ont pu être livrées dans les temps, «certains projets ont été réalisés pour cette rentrée et d’autres non. Actuellement, des discussions sont en cours entre les ministères de l’Education et de l’Habitat pour que les projets soient terminés avant la rentrée». Le problème des places disponibles ne touchera cependant qu’un «certain nombre d’établissements dans plusieurs wilayas (…) Je tiens aussi à dire que le manque de places pédagogiques n’est pas aussi important que certains le disent».
Revenant par ailleurs sur l’introduction l’année prochaine de «l’enseignement à distance» dans les programmes, Kacem Djahlan parle carrément d’arriver à des «programmes hybrides» qui réuniront l’enseignement «en présentiel et à distance». Le responsable explique ainsi que dans les contritions actuelles, l’éducation nationale continuera à recourir à cette solution, bien que «la priorité reste l’enseignement en présentiel». «Nous avons la conviction que la base pour toute transmission du savoir est l’enseignement en présentiel. Cependant, avec les mesures sanitaires actuelles, nous continuerons à développer les formules d’enseignement à distance, notamment et comme cela a été le cas lors du troisième trimestre dernier, sur des plateformes telles que youtube en collaboration avec l’Office national d’enseignement et de formation à distance (ONEFD) ou grâce à la chaîne de télévision El Marrifa, qui a été lancée dernièrement, ainsi qu’au Cerist qui a apporté son soutien».
Kacem Djahlan a rassuré à plusieurs reprises que la rentrée pourra se faire dans de bonnes conditions et «sur l’ensemble du territoire national». Il a également lancé un appel en direction des parents d’élèves. «Cette coupure depuis le 12 mars dernier est très longue. Mais nous savons aussi que les élèvent désirent retrouver les salles de classe, leurs camarades, leurs enseignants, l’ambiance de l’école (…) mais, bien sûr, les conditions ne seront pas ce qu’elles étaient auparavant, mais nous ferons en sorte qu’elles le soient au mieux. Les parents d’élèves ont aussi un rôle important à jouer, notamment en sensibilisant leurs enfants, les préparer psychologiquement à cette rentrée». Des parents d’élèves qui devraient être par ailleurs invités à une «séance» de discussion le jour de la rentrée, le 4 octobre. n