L’avant-projet de loi sur les hydrocarbures, adopté en Conseil du gouvernement, ne laisse pas indifférent. En l’absence de détails sur le contenu, les spéculations vont bon train. Avec évidemment les avertissements de rigueur des spécialistes. Ce projet fait l’objet de nombreuses critiques se rapportant notamment à sa teneur. Dans un pays, où l’essentiel des ressources sont liées aux hydrocarbures, la question tend à être vitale. L’élaboration de ce projet de loi survient à quelques semaines d’une élection présidentielle cruciale pour l’avenir du pays. Une élection qui intervient dans un contexte sensible où le clivage semble à son summum. Les sept mois que vient de vivre le pays sont probablement l’une des périodes les plus troubles de son histoire. Une période dont la finalité reste toujours ouverte avec, notamment la proche perspective d’une élection présidentielle pas comme les autres. Cette loi sur les hydrocarbures, qui semble passer discrètement, ne saurait faire l’économie d’un grand débat national. Pour les observateurs, le véritable problème est dans le climat des affaires. La meilleure loi du monde restera inefficiente tant que le climat des affaires n’est pas assaini, et si la bureaucratie n’est pas limitée à sa plus simple expression. Les spécialistes mettent déjà en garde contre les effets de l’instabilité juridique, si la loi en voie d’adoption viendrait à être remise en cause par les futurs dirigeants du pays. L’instabilité des lois est le plus grand répulsif de l’investisseur, en gros de tout partenaire. Cela a longtemps brouillé l’image de notre pays et fait fuir les compagnies pétrolières au moment où l’investissement dans l’exploration-production dans le monde atteignait un pic historique. Il y a eu une désaffection pour notre pays. Et l’échec des appels d’offres lancés dans le secteur semble en être l’expression la plus visible. La conséquence en est un désinvestissement remarqué. Ce qui n’a pas allégé la pression sur Hassi Messaoud et Hassi R’mel surexploités. Nous en voyons les effets aujourd’hui avec la baisse de la production et des exportations.