Durant le second semestre de cette année, le quotidien de la quasi-majorité des familles algériennes risque de changer. La mutation attendue concernera en premier lieu l’alimentation. Évidemment, il ne s’agira pas de la qualité de cette dernière, mais plutôt de la quantité. Le changement devrait également toucher à d’autres activités régulières, dont le transport (qu’il soit en commun ou individuel).
Cette prévision n’est pas lâchée à l’improviste, ni le résultat de l’ambiance pessimiste qui règne actuellement. Elle résulte avant tout de ce que révèle le rapport de présentation de l’avant-projet de loi de finances 2021. Il est ainsi question d’une réforme du dispositif des subventions, dont l’application est prévue pour la seconde moitié de 2021. De l’intitulé même, il est facile de conclure à la mise en place prochaine de ce que les Algériens ont toujours appréhendés, la fameuse «vérité des prix».
Vous n’avez pas supporté celle que tout le monde subit depuis la fin 2020 ! Alors vous devez d’emblée appréhender celle qui vous attend dans quelques mois. Ici, il est question, bien sûr, de ce que tout le monde a constaté, vécu et vilipendé, soit la hausse des prix.
Maintenant, il reste plusieurs questions en suspens, et dont les réponses ne feront, sans aucun doute, pas l’unanimité.
En attendant les détails précis de cette réforme des subventions, un chiffre est déjà connu, celui de 50 milliards de dinars. C’est le montant destiné au lancement du programme de compensation au profit des ménages. C’est exactement sur ce point que d’ores et déjà il faut s’attendre à de grandes polémiques. Effectivement, le ciblage des ménages touchera qui exactement ? La réponse semble évidente, «les familles nécessiteuses». Mais comment se fera le «tri» ? Combien de temps prendra l’opération d’élaboration de la liste des ciblés ? Et bien d’autres questions vont fuser de partout. C’est qu’il s’agit d’un dossier très chaud risquant d’ébranler le gouvernement qui le prendra en charge. Une bombe à retardement pour l’Exécutif qui viendra après les législatives de juin prochain. D’ici là, l’urgence est de passer plusieurs caps, entre les mouvements de protestation populaire, les grèves lancées dans plusieurs secteurs, et les préparatifs des élections du 12 juin. Pression polycéphale aux retombées inconnues.