Les chefs de la diplomatie des Emirats et de Bahreïn doivent signer, aujourd’hui, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu un accord pour normaliser leurs relations. La signature est attendue à Washington en présence du président américain Donald Trump.

Les Palestiniens parlent de «jour sombre» et se préparent à des manifestations de colère.

Les Palestiniens, de l’Autorité palestinienne aux islamistes du Hamas, ont dénoncé l’accord, qualifié notamment de «coups de poignard dans le dos» de la part de ces pays accusés de pactiser avec Israël sans résolution préalable du conflit israélo-palestinien.
«Demain (aujourd’hui ndlr), nous allons être témoins d’un jour sombre dans l’histoire de la nation arabe, d’une défaite des institutions de la Ligue arabe, qui ne sont plus unies, mais divisées», a déclaré hier lundi M. Shtayyeh lors de la rencontre hebdomadaire du Cabinet des ministres de l’Autorité palestinienne.
«Ce jour sera à ajouter au calendrier de la misère palestinienne et à être consigné comme celui des fractures arabes», a-t-il enchaîné. Il a ajouté, sans détailler, que l’Autorité palestinienne envisageait de «corriger» sa relation avec la Ligue arabe qui n’a pas dénoncé la normalisation des relations entre Israël et les deux monarchies du Golfe.
Ses Etats-membres restent cependant divisés entre ceux qui se taisent face à cette normalisation, ceux qui appuient secrètement l’initiative des Emirats et Bahreïn et ceux qui, comme l’Algérie, appellent à une plus grande solidarité et un plus grand engagement en faveur de la cause palestinienne. Le sommet de la Ligue, qui aura lieu prochainement à Alger, devra sans doute aborder ce dossier épineux avec des risques de clashs et de défections des monarchies du Golfe, qui considèrent que la menace iranienne est plus dangereuse que les conséquences d’une normalisation de leurs relations avec l’Etat hébreux, avec lequel ils entretiennent des relations secrètes depuis des décennies, notamment sur les plans stratégique et sécuritaire.
Les Palestiniens ont d’ailleurs appelé à des manifestations aujourd’hui pour marquer leur opposition à ce projet et ont appelé les autres pays arabes «à ne pas participer aux célébrations» de mardi à Washington. Dans le contexte régional qui est le leur, il ne leur reste en vérité qu’à compter sur eux-mêmes et leur résistance pour défendre leur droit à un Etat souverain avec Jérusalem-Est comme capitale. Chez les pays arabes du Moyen-Orient, la cause palestinienne n’est plus quasiment une condition pour se rapprocher d’Israël. Avant l’accord prévu aujourd’hui, l’Egypte et la Jordanie ont signé des accords de paix avec l’Etat hébreu respectivement en 1979 et 1994.
Ceux qui sont concernés par la signature de l’entente avec Israël, aujourd’hui, jouent sur les termes de son interprétation. Pour les Emirats, en échange de cet accord, Israël a accepté de «mettre fin à la poursuite de l’annexion des territoires palestiniens». Mais le Premier ministre israélien a, lui, affirmé que si l’annexion de pans de la Cisjordanie occupée était «reportée», Israël n’y avait «pas renoncé». De même, M. Netanyahu a dit s’opposer, pour préserver la supériorité militaire de son pays dans la région, à la vente aux Emirats d’avions de chasse furtifs américains F-35 qu’Abou Dhabi veut acquérir.