Les assurances des autorités publiques ne semblent pas calmer totalement l’appréhension de certains parents d’élèves qui déplorent un manque d’informations et redoutent une diffusion du Coronavirus, alors que l’épidémie connaît un rebond.

Même si le ministère de l’Education nationale affirme avoir mis les moyens nécessaires avec les exigences sanitaires pour garantir une bonne rentrée, l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) appelle au report de la rentrée scolaire à une date ultérieure pour ne pas mettre en péril la santé des enfants. Le président de l’ONPE Ali Benzina affirme que son association ne demande pas d’annuler la rentrée scolaire, mais de la reporter pour la santé des élèves, du personnel et de l’ensemble de la société. «Je crains une explosion de la Covid-19 si l’on prend le risque d’envoyer nos enfants à l’école ce mercredi», dit-il. A ses yeux, il ne sera pas «aisé» de concrétiser ledit protocole sur le terrain et d’imposer les gestes barrières et le port du masque à des enfants du cycle primaire, indiquant que les parents s’inquiètent de la manière avec laquelle les établissements vont affronter cette épidémie. «Certes, le ministre de la Santé a affirmé que les responsables de l’Education, en collaboration avec les membres du Comité scientifique ont mis en place un protocole sanitaire rigoureux permettant de garantir la santé des élèves, mais l’appréhension est toujours là. De plus, ce sont des millions d’élèves et de parents d’élèves qui se retrouveront à l’école au cours de la même journée, ce qui risque de faciliter la propagation du virus», dit M. Benzina, qui appelle le Président à intervenir pour «décréter un report de la rentrée scolaire».
Autre élément de crainte, contrairement à ce qu’affirme la tutelle, «ce ne sont pas tous les établissements qui se sont préparés pour cette rentrée ou qui ont les moyens financiers pour mettre à exécution le fameux protocole sanitaire», dira sur un ton pessimiste le président de l’ONPE.
Ce dernier pense que les parties intervenantes doivent «patienter» encore pour éviter une «deuxième vague épidémique et de faire des écoles des foyers de contamination». Le président de l’ONPE renvoie d’ailleurs la hausse des cas de contamination aux parents d’élèves qui se sont rués sur les marchés, un lieu à forte densité de population, pour l’achat d’habits et d’articles scolaires ces deux dernières semaines. Il indique que son organisation ne fait qu’alerter en tant que société civile et partenaire social. «La santé des élèves prime sur leur scolarité. Et je ne veux pas qu’on en arrive à un stade où les parents d’élèves endossent à la tutelle la responsabilité si l’on découvre des cas positifs de coronavirus dans les rangs des écoliers ou de leurs enseignants.»
De son côté, le président de l’Association nationale des parents d’élèves Khaled Ahmed estime qu’il est «nécessaire» de lancer la rentrée scolaire, même dans ce contexte «exceptionnel et délicat» de crise sanitaire. Pour lui, la reprise doit avoir lieu, mais en se conformant au protocole sanitaire arrêté par la tutelle. «Je préfère entamer cette rentrée» dit M. Benzina, en rappelant que les écoles sont fermées depuis mars dernier à cause de la crise sanitaire. <