Par NAZIM BRAHIMI

Les prévisions optimistes qui tablaient sur une augmentation des réserves de change de l’Algérie, à la fin de l’année 2022, peuvent devenir une réalité.
Un scénario qui peut se produire grâce à l’excédent de la balance commerciale les six premiers mois de 2022, une donne qui peut augurer d’un équilibre, voire d’un excédent de la balance des paiements, synonyme d’une augmentation des réserves de change.
Le scénario demeure, cependant, dépendant du maintien des prix du pétrole à leur niveau actuel, ce qui n’est pas sans nous rappeler que les opportunités sont plutôt conjoncturelles alors que l’économie nationale a besoin de réformes structurelles.
Pour l’heure, il n’est pas de bon aloi de faire la fine bouche devant les chiffres des Douanes algériennes qui attestent d’une embellie financière qui n’a pas été enregistrée depuis plusieurs années par l’Algérie.
Les exportations globales de marchandises ont atteint 25,922 milliards de dollars au cours des six premiers de 2022, en hausse de 48,3% par rapport au premier semestre 2021 (17,480 milliards de dollars). Nous pouvons déduire dès lors que les exportations d’hydrocarbures ont atteint 22,4 milliards de dollars avec cette « réserves » que ces chiffres sont provisoires et qu’ils doivent être confirmés dans deux mois.
Autre indicateur positif, les exportations de marchandises hors hydrocarbures ont atteint 3,507 milliards de dollars en un semestre, soit bien autant que la moyenne annuelle des dernières décennies qui était de l’ordre de 2 milliards de dollars/an. Autrement dit, l’Algérie est potentiellement en mesure de réaliser l’objectif tracé par le gouvernement, à savoir 7 milliards de dollars en 2022 contre 4,5 milliards de dollars en 2021. D’autant plus que la balance commerciale est excédentaire (+5,689 milliard de dollars) contre un déficit (-1,348 milliards de dollars) au cours de la même période de l’exercice précédent.
Aussi conjoncturelle devrait-elle être, cette embellie financière va sans doute permettre d’atténuer les difficultés budgétaires et de faire face aux incidences de la guerre en Ukraine dont l’épilogue ne se profile pas encore à l’horizon.
En revanche, rien n’est moins sûr quant à l’utilisation rationnelle et efficace de cet argent du pétrole tant qu’il n’a pas été mis fin, dans les faits et pas seulement sur le papier, aux surcoûts et à la surfacturation dans la réalisation des grands projets structurants.