Par Yazid Miloudi
Affirmer que la tension entre l’Algérie et le Maroc est à son paroxysme est loin d’être un euphémisme. Ce qui se passe entre les deux pays depuis le 1er novembre en est la meilleure illustration. L’assassinat de trois ressortissants algériens sur les terres du Sahara occidental est venu envenimer les relations entre les deux pays. L’acte d’attaque militaire que le Maroc n’a pas nié sur les deux camions dans lesquels se trouvaient les victimes est sans aucun doute le dépassement d’une ligne rouge que la monarchie marocaine va devoir en assumer les conséquences.
Le discours du roi Mohammed 6 prononcé avant-hier à l’occasion du 46e anniversaire de ce que le makhzen nomme «la Marche verte» est venu confirmer la fuite en avant des voisins de l’Ouest. Loin de détendre les relations avec l’Algérie, le ton était loin de l’apaisement. Montrant son intransigeance sur la «marocanité» du Sahara occidental, le monarque s’est retrouvé à «rabâcher» sur un acquis qui relève pourtant des plus incongrus. En rappelant la décision de l’ex-président américain, Donald Trump, prise en décembre 2020, de reconnaître la souveraineté de Rabat sur les territoires occupés (en contrepartie d’une normalisation des relations entre le Maroc avec l’entité sioniste), le roi se retrouve à s’appuyer sur de bien faibles «bases».
Face à ce discours pas rassurant pour la paix dans la région, il y a d’autres paramètres qui entrent en jeu. Entre autres celui de la communauté internationale. La dernière sortie médiatique du porte-parole adjoint du SG de l’ONU, Farhan Haq, est un vrai indicateur. En soulignant que le bombardement ayant causé la mort des trois ressortissants algériens a été effectué dans la partie orientale du Sahara occidental «près de Bir Lahlou», le représentant de l’organisation a démenti toutes les allégations marocaines sur le lieu de l’attaque. Cette déclaration vient surtout confirmer que le Maroc a été l’auteur d’un assassinat, et qu’il a failli à ses engagements internationaux. Une escalade militaire qui ne pouvait pas, et qui ne peut pas, rester sans «réponse» de l’Algérie. Reste à savoir sous quelle forme elle le sera !