Les gisements en partenariat avec le groupe ENI- en particulier ceux de Tinhert dans le bassin d’Illizi, de Berkine nord et Berkine sud – pourraient satisfaire à court terme les besoins en gaz supplémentaires de l’ENI estimés pour l’heure à trois milliards de mètres cubes/an.

Par Khaled Remouche
En effet, l’Algérie a réaffirmé, à l’issue de la visite du chef de l’Etat en Italie, son engagement à fournir ce pays en quantités supplémentaires de gaz : 3 milliards de mètres cubes/an supplémentaires à court terme et 31 milliards de mètres cubes/an au total à moyen terme.
Le chef de l’Etat a laissé entendre que l’Algérie pourrait faire plus en approvisionnant l’Europe avec des quantités supplémentaires de gaz dans un contexte de conflit russo-ukrainien marqué par des ruptures d’approvisionnement de pays européens en gaz russe, de diminution de quantités de gaz russe livrées et la résolution de l’Union européenne de diversifier davantage ses importations de gaz et de ne plus dépendre essentiellement du gaz russe. Pour l’heure, l’Algérie ne peut fournir à l’Europe que quelques milliards de mètres cubes de gaz. A court terme, les trois milliards de mètres cubes viendront des gisements de gaz découverts par Sonatrach.
Le mémorandum d’entente entre les deux compagnies, signé à Rome lors de cette visite entre les deux compagnies, a pour objet une évaluation de ces découvertes. Il faut savoir que 200 découvertes ont été réalisées par Sonatrach depuis 2010. Une bonne partie dans le bassin de Berkine où opère Sonatrach et ENI. Les gisements de gaz Tinhert dans le bassin d’Illizi, qui vont bientôt entrer en production, sont probablement ciblés par l’ENI. Il faut également s’attendre, après un travail d’évaluation des découvertes et des travaux de développement des gisements de Berkine nord et Berkine sud, objet d’un contrat entre Sonatrach et ENI, à des quantités supplémentaires de gaz.
Durant la période court terme, c’est-à-dire d’ici à 2023, le gisement de gaz d’Isarene entrera en production. Mais tous ces gisements ne suffiront pas pour couvrir les besoins italiens à moyen terme. Pour remplir le gazoduc Transmed, il faut donc développer d’autres gisements de gaz, à partir des découvertes déjà réalisées. Cela veut dire a fortiori que d’autres périmètres seront attribués à l’ENI. Ce qui augure une nouvelle capacité de production de gaz. Il faudra donc que Sonatrach intensifie avec ses partenaires l’exploration et le développement de gisements pour produire plus de gaz, en premier lieu, à partir des découvertes déjà réalisées.
Mais n’oublions pas que les besoins domestiques en gaz entre 2023 et 2030 iront également crescendo : nouveaux besoins nés de la réalisation de méga-usines de dessalement d’eau de mer, programme de développement des zones d’ombre, politique de croissance économique avec des objectifs de forte croissance industrielle et de la demande en électricité. En clair, entre la demande interne en constante hausse et satisfaire les approvisionnements, Sonatrach se trouve sous pression pour augmenter la production de gaz, à la fois, pour couvrir les besoins domestiques et assurer les exportations de gaz. Et pour atteindre cet objectif, cela passe, ce qui n’est pas actuellement le cas, par le développement de nouveaux gisements en partenariat via une croissance des investissements étrangers et par un consensus national sur le développement des ressources non conventionnelles puis leur exploitation. Tout un chantier. Pour que l’investissement étranger soit accru, il convient de mettre en oeuvre la nouvelle loi sur les hydrocarbures avec souplesse et garantir aux étrangers un environnement des affaires attractif, sain et transparent. Quant au développement des ressources non conventionnelles considérées comme importantes, il faut un gros travail de formation, de gros progrès en matière de logistique et de management des projets. n