La recrudescence des cas de contamination à la Covid-19 n’est pas sans effet sur le milieu scolaire. Parents d’élèves et enseignants réagissent au rebond de la courbe épidémique par l’inquiétude. Mais pour le Comité scientifique chargé du suivi et de la lutte contre le Coronavirus (Covid-19), il reste improbable d’envisager l’hypothèse d’une fermeture des établissements. Mohamed Bekkat-Berkani, membre dudit comité, a balayé d’un revers de main toutes les rumeurs faisant état d’une fermeture des écoles, tout en éloignant l’idée d’un reconfinement total à travers tout le territoire national. Une rumeur d’ailleurs balayée hier après la publication par le Premier ministère des nouvelles mesures contre la propagation du Covid-19, dont la reconduction du confinement nocturne dans vingt-neuf wilayas de 20h à 5 h du matin.
D’ailleurs, nombre de pays ont reconduit le confinement national sans fermer les écoles, vu que les enfants sont considérés comme vecteur peu important et le risque de transmission des enfants vers les adultes est faible. A titre d’exemple, les écoles de France, d’Irlande et de Grande-Bretagne sont restées ouvertes, mais en prenant en parallèle des mesures supplémentaires de nettoyage, de désinfection et d’aération des classes. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s’inquiète de la situation sanitaire, estime en revanche que la fermeture des écoles ne doit intervenir qu’en dernier ressort. Pour cette institution onusienne, «nous ne pouvons pas nous permettre une génération perdue de la Covid-19».
En Algérie, les syndicats de l’Education continuent pour leur part de réclamer une meilleure protection du personnel des écoles contre la propagation de coronavirus, bien qu’ils redoutent une «explosion épidémique» dans les jours à venir.
«On craint pour la santé de nos enfants et celle du personnel de l’Education», dit Abdelouahab Lamri-Zegar, porte-parole de l’Unpef. A ses yeux, il n’est toutefois pas question de fermer les écoles mais sous réserve d’une surveillance épidémiologique étroite et d’un renforcement des précautions et des moyens de préventions».
Pour lui, «il n’est pas judicieux de priver les enfants d’école après huit mois de rupture qui ne seront pas sans conséquences, mais dans le cas où le nombre de contaminations décuple de façon fulgurante, c’est à ce moment-là que les autorités compétentes peuvent envisager une fermeture des écoles», poursuit M. Zegar.
Mais le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) Ali Benzina n’est pas de cet avis. Il appelle à la fermeture des établissements dans l’immédiat. D’un ton alarmant et pessimiste, il rappelle que «des dizaines d’établissements scolaires comptabilisent des cas avérés de la Covid-19 sans fermer ces écoles pour assurer la protection des élèves et du personnel». Ces établissements, ajoute M. Benzina, restent ouverts et accueillent des élèves au grand dam des parents qui craignent les risques de contamination».
Il y a lieu de rappeler que plusieurs établissement scolaires ont dû refermer après l’apparition de cas de Covid.