Face à la hausse des prix des fruits et légumes observée ces derniers jours mettant à mal le portefeuille des citoyens, le ministère du Commerce tente de rassurer.

En effet, le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce, Saïd Bekaï, a affirmé que les prix connaîtront une baisse sensible après la récolte de la nouvelle production des serres, précisant que le secteur œuvre actuellement sur trois fronts pour rééquilibrer les marchés, contribuer à la rationalisation des prix et éviter la spéculation entre marchés de gros, marchés de détail et système de régulation.
Dans ce cadre, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a présidé, mardi dernier, une réunion des directeurs du secteur et régionaux où il a donné des orientations allant dans le sens de l’interdiction de la spéculation sur les prix. Entre autres orientations, le ministre a mis en avant la nécessité de désigner des équipes de contrôle qui doivent s’assurer que les commerçants affichent les vrais prix et suivre la traçabilité des produits agricoles, des marchés de gros aux marchés de détail pour mettre un terme aux intermédiaires.
En parallèle, M. Djellab a chargé ses services de déterminer les causes qui sont à l’origine de la hausse des prix, abstraction faite des explications liées à cette période de l’année appelée « période de soudure », étant en dehors de la phase plateau de production.
«Cette situation s’explique, entre autres, par l’augmentation de la demande sur les fruits et légumes et autres produits durant la rentrée sociale par les restaurants, les cantines scolaires, les restaurants universitaires et les centres de formation», a ajouté M. Bekaï cité par l’APS.
Par rapport au mois de septembre, les prix de la pomme de terre ont connu une hausse de plus de 80%, en raison de « la période de soudure » dans les différentes wilayas à l’exception de Mostaganem qui entamera la récolte dans les prochains jours, a-t-il expliqué. Une hausse qui a touché aussi la tomate cédée dans le meilleure des cas à 130 DA le kg.
A noter que le système Syrpalac, adopté depuis 2008, consiste en le stockage des produits durant la saison de récolte dans l’objectif de protéger les superficies cultivées, le produit national et l’agriculteur en cas de surproduction.
Dans ce cadre, 100 000 tonnes de pommes de terre ayant été stockées lors de la précédente saison seront acheminées vers les marchés par les services des ministères du Commerce et de l’Agriculture conformément à un programme permettant à chaque agriculteur d’accéder au marché au moment opportun.
S’agissant de la hausse importante des prix des viandes blanches, notamment le poulet, le responsable a fait savoir que le ministère avait lancé des enquêtes pour identifier les raisons à l’origine de cette hausse des prix qui ont augmenté de 14% par rapport à la même période de l’année précédente. Ces enquêtes ont fait ressortir, ajoute le directeur général, que la hausse des prix du poulet était due au nombre d’intermédiaires et à la mauvaise organisation du métier, en général, mettant en exergue que cette situation connaîtra une amélioration palpable après la constitution du Conseil national interprofessionnel de la filière avicole (Cnifa). Par ailleurs, l’enquête a dévoilé plusieurs autres causes derrière la fluctuation des prix de la volaille, à l’instar du recours aux anciens modes d’élevage qui sont à l’origine de la perte de la volaille durant les périodes qui connaissent une baisse de la température. Les résultats de ladite enquête ont également pointé du doigt la hausse de prix de l’alimentation animale, notamment ceux de la volaille, et le faible nombre de wilayas dans lesquelles cette activité est développée. A cela s’ajoute la hausse des prix du poussin qui ont atteint le seuil de 120 DA la tête notamment dans les wilayas de Bouira, Béjaïa, M’sila, Médéa et autres. Une hausse que les petits éleveurs n’arrivent plus à supporter.
Réagissant à cette situation qui fait craindre le pire au cours des prochains mois, l’Association algérienne de protection du consommateur et de son environnement (Apoce) a menacé de lancer une campagne de boycott du poulet.