La tendance haussière des cours pétroliers, entamée début novembre courant, se poursuit au rythme de séances porteuses de gains de plus en plus consolidés, renforcés sur les marchés londonien et newyorkais, où les références européenne et américaine sont en train de rompre avec le mois d’octobre morose qui les avait vus perdre gros sous l’impact des nouvelles mesures de confinement mises en place face à une pandémie de Covid-19 revenue en force.
Et tout comme pour le fort recul enregistré le mois dernier, la remontée de l’or noir est, elle aussi, étroitement liée à la situation sanitaire et les prévisions qu’elle suscite en matière de demande mondiale. Plus précisément, les prix du brut doivent leur belle remontée de ces deux dernières semaines à l’annonce, notamment de résultats probants dans les essais de vaccins contre le virus. En plus de leur effet d’annonce sanitaire, ces vaccins ont eu pour effet de ressusciter l’espoir d’un rebond de la demande.
Ceci d’autant que les espoirs de campagnes de vaccination massives contre la Covid-19 pourraient ne pas tarder à commencer, c’est-à-dire avant la fin de l’année, comme l’a conforté hier le laboratoire britannique Astra Zeneca. Cette firme, associée à l’université d’Oxford, a développé un vaccin efficace à 70% en moyenne, voire à 90% dans certains cas, selon les résultats intermédiaires des essais cliniques de grande échelle réalisés au Royaume-Uni et au Brésil.
A l’annonce de vaccins s’ajoute le probable ajustement de l’accord de réduction de l’Opep et ses partenaires (Opep+), manifesté la semaine dernière, à l’occasion de la réunion mensuelle des ministres de l’alliance, tenue par visioconférence. Cet ajustement, s’il devait avoir lieu, devrait mener au report de l’augmentation de la production de l’Opep+, à partir de janvier prochain, soit 1,9 de barils par jour supplémentaire qui réduirait les coupes à 5,8 mbj contre 7,7 actuellement.
Dans cette configuration avantageuse, la semaine s’ouvrait hier sur de nouvelles hausses qui ont porté les cours à leur plus haut depuis septembre. Ainsi, le Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier s’affichait à 45,60 dollars sur l’Inter Continental Exchange, gagnant 1,42% par rapport à la clôture de vendredi.
A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour janvier, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, grimpait de 1,25% à 42,95 dollars.
Les deux cours de référence atteignent des niveaux plus vus depuis le 1er septembre et affichent une hausse de près de 30% depuis les derniers plus bas début novembre. «Les investisseurs parient sur l’efficacité du vaccin et, avec lui, sur un ralentissement du nombre de cas de coronavirus en quelques mois», a estimé Carlo Alberto De Casa, analyste d’Activtrades.
L’évolution positive des prix de l’or noir s’est, bien-sûr, vérifiée chez les pays membres de l’Opep, le prix du panier de l’organisation (ORB) ayant atteint 43,38 dollars vendredi dernier, selon les données publiées hier sur son site web.
En plus de Sahara Blend de l’Algérie, l’ORB est composé de Girassol (Angola), Djeno (Congo), Zafiro (Equatorial Guinée), Rabi Light (Gabon), Iran Heavy (Iran), Basra Light (Iraq), Kuwait Export (Koweït), Es Sider (Libye), Bonny Light (Nigéria), Arab Light (Arabie saoudite), Murban (EAU) et Merey de Venezuela. En octobre dernier, l’ORB avait diminué de 1,46 dollars, ou 3,5%, par rapport à septembre, s’établissant à une moyenne de 40,08 dollars/b en octobre. Il s’est néanmoins amélioré ces deux dernières semaines, à la faveur d’un marché en regain de forme.