Un week-end politique particulièrement riche en enseignements vient de s’achever; laissant augurer un agenda électoral intéressant. Parmi ces enseignements , il est utile de s’attarder sur la volonté des états-majors des partis de prendre part aux prochaines joutes électorales, exception faite de la formation de Ali Benflis, qui a choisi de rester à l’écart. Les partis politiques que compte la scène nationale, qu’ils soient acquis au gouvernement ou qui lui sont opposés, ont décidé de participer aux législatives, un rendez-vous qui devrait intervenir dès ce printemps, en avril comme première date repère. Pourtant, beaucoup parmi les partis dits de l’opposition campaient dans une logique de défiance et de radicalité; développant un argumentaire anti-gouvernement jusqu’à en oublier la raison même de leur propre existence : proposer une alternative viable et réaliste. C’est sans doute pour l’avoir compris qu’ils ont décidé de revenir, en quelque sorte, aux fondamentaux, faire de la politique de terrain, avec des programmes et un agenda clair et précis, plutôt que de se confiner dans une opposition passive et de critique sans alternative. L’autre enseignement à tirer concerne directement les partis d’obédience islamiste, donnant à voir une nouvelle stratégie de mutualisation de l’effort pour tenter de rafler la mise. Un jeu d’alliances fait de rapprochements et d’agglomérations de formations islamistes, à l’image de la dissolution du FC pour le compte du MSP, qui ouvre la voie à un « front aggloméré », qui a choisi de se rendre à l’élection sous une seule bannière plutôt que sous différents sigles. Néanmoins, un détail ne pouvait passer inaperçu ! Pendant que les partis politiques rendaient compte de leurs projets et intentions vis-à-vis de l’agenda électoral, une enquête de l’Office national des statistiques sur l’emploi et le chômage « tombait » au même moment; un peu comme pour rappeler à cette même classe politique l’essentiel : c’est ce « chômeur » qui va glisser le bulletin dans l’urne ; mais il est supposé le faire sur la base d’une motivation. L’emploi en est une, et la plus importante même.
Tout se jouera au niveau des programmes que présenteront d’ici là les formations politiques qui ont annoncé leur participation aux législatives : un programme électoral sérieux, réaliste et « concrétisable » – encore faut-il qu’elles tiennent parole – mènera le processus de démocratisation de la vie politique jusqu’au bout, sous réserve de plaire aux votants.