Une soixantaine d’enseignants ont tenu hier un sit-in devant le ministère de l’Enseignement supérieur.

Les enseignants en Sciences politiques et relations internationales de l’université d’Alger 3 maintiennent vaille que vaille leur mouvement de protestation entamé depuis dimanche dernier. Hier encore, durant la matinée, ils ont initié un sit-in devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. «Une soixantaine d’enseignants sont venus des universités des quatre coins du pays», témoigne l’enseignante et sociologue Fatma Oussedik, qui a participé au rassemblement.
« Nous n’avons malheureusement pas été reçus par les responsables de la tutelle. Ce qui est désolant pour l’élite de ce pays et de la société », a-t-elle déploré. Par ailleurs, les enseignants grévistes ont tenu une assemblée générale afin de faire le point sur le mouvement de revendications et décider des suites à donner. «Il ne s’agit pas d’une question de syndicat ou non. Il y va de la dignité de la corporation. Des enseignants ont été violentés au sein même de l’enceinte universitaire», explique à Reporters Louisa Aït Hamadouche, enseignante, syndicaliste et membre du comité de suivi de la grève, qui prévoit avec ses collègues de durcir le ton de la contestation. Dans les faits, les protestataires dénoncent le fait d’avoir été empêchés d’installer un bureau Cnes à la faculté d’Alger 3. Un enseignant rapporte que des individus ont forcé la salle où se tenait l’AG en usant de violences à l’encontre des participants.
Sollicité, le coordinateur national du Cnes (Conseil national des enseignants du supérieur), Abdelhafid Milat, prend soin de prendre ses distances.
«C’est un bureau parallèle à l’université d’Alger 3 et une assemblée générale ne se tient pas dans une salle de professeurs. Le Cnes se démarque de l’installation de ce bureau », a-t-il enchaîné désavouant les protestataires. Cependant, et tout en n’omettant pas de faire diplomatiquement acte de la solidarité du syndicat avec les enseignants en général, Abdelhafid Milat évoque avec des pincettes la décision du ministère du Travail de geler les activités des deux branches du Cnes. «Nous n’avons pas reçu de notification du ministère du Travail.
Nous en avons pris connaissance par le biais d’une correspondance émanant du chef de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur », a-t-il déclaré à Reporters tout en faisant observer qu’il en prend note et qu’il a délégué l’avocat du syndicat afin de demander une notification le cas échéant et, des éclaircissements sur cette décision de gel. Il y a lieu de souligner que le ministère du Travail a décidé de geler les activités des deux branches du Cnes, la première dirigée par le professeur Abderrahmane Milat, élu lors d’un congrès tenu en décembre 2016 à Constantine, et l’autre par le coordinateur Malek Rahmani.