C’est une question récurrente qui refait surface au gré des conjonctures et des questionnements qui agitent le secteur de l’enseignement supérieur traversé par de nombreuses contradictions et ambiguïtés. Voilà donc, le débat relancé sur les œuvres universitaires dont la refonte est désormais entre les mains d’une commission de réflexion installée à cet effet par le ministre du secteur, Abdelbaki Benziane.

Une semaine après la reprise de la rentrée universitaire en mode présentiel, le ministre a annoncé, lundi, avoir installé une commission de réflexion sur la réforme des œuvres universitaires afin de passer à un autre mode dans la gestion de ce créneau si budgétivore, mais curieusement aux prestations décevantes et surtout assurées dans l’anarchie, ne cessent de se plaindre des étudiants.
Cette commission de 16 membres devrait se pencher sur les moyens à mettre en place en vue d’améliorer la qualité des prestations assurées aux étudiants et la promotion de la vie dans les campus où les attentes des étudiants semblent avoir évolué.
Elle est composée des présidents des conférences régionales universitaires, des directeurs centraux du ministère, du Directeur général de l’Office national des œuvres universitaires (Onou), des directeurs des œuvres universitaires de certaines wilayas ainsi que des experts du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread).
En raison des prestations universitaires de piètre qualité, le quotidien dans les campus universitaires a été souvent rythmé par des mouvements de protestation, grèves, gel des cours. Et la communauté universitaire, notamment les étudiants, ont depuis toujours, exigé des décideurs de trouver un moyen pour de nouvelles perspectives en vue d’une réforme participative consacrant le caractère de service public de ce système.
C’est dans ce contexte que M. Benziane a mis en valeur «l’importance de la réforme des œuvres universitaires» sur tous les plans, notamment en matière d’hébergement, de restauration, de transport et de bourse.
En se basant de ce fait sur les orientations et instructions du Président de la République lors du Conseil des ministres du 9 août dernier au cours duquel a été présentée une intervention sur la rentrée universitaire, le ministre a, à cette effet, instruit des membres de cette commission de faire appel, si besoin est, à tous les experts susceptibles d’apporter des solutions et de s’imprégner aussi des expériences relatives au système des œuvres universitaires. De même qu’il a été suggéré de consulter le contenu des études effectuées par des experts spécialisés en économie et en sociologie, ainsi que des enquêtes de terrain et de sondages d’opinons. Dans ce cadre, le premier responsable du secteur a réitéré son engagement à porter toute l’aide nécessaire et indispensable pour que cette commission accomplisse sa mission dans les meilleures conditions et les délais requis. Il y a lieu de rappeler qu’avant de mettre en place cette commission, le MESRS sous Tahar Hadjar a reporté à maintes reprises l’organisation d’une conférence nationale sur les prestations universitaires, sans que des explications ne soient fournies sur les raisons du report.
Certaines organisations estudiantines, en particulier, l’Union générale des étudiants algériens (Ugel), n’ont pas hésité à pointer un doigt accusateur des parties du secteur d’entraver la tenue de cette conférence de crainte d’être «entendues» sur les lacunes qui caractérisent ce vaste chantier.