Le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) dénonce vigoureusement l’inaction du ministère de l’Enseignement supérieur mais aussi les entraves de ce dernier à l’exercice du droit syndical.

Il accuse, dans un compte-rendu de sa réunion extraordinaire tenue mercredi dernier, le ministère de tutelle d’être à l’origine d’agissements « qui menacent la stabilité de l’université algérienne » et d’« hypothéquer le principe de dialogue, seul moyen civilisé de contenir la situation avant son aggravation ». Le Cnes dit condamner avec force « les agissements irresponsables » du ministère à travers « sa politique de la fuite en avant et le gain de temps ainsi que l’absence de réponse face aux sollicitations du syndicat d’enseignants».
Le Cnes déplore « les harcèlements et entraves qu’endurent les sections syndicales au niveau des universités de Sétif 1, Djelfa, El Afroun, Msila, Ouargla et Alger 3 de la part des recteurs afin de les empêcher d’exercer leur droit syndical et tenir leurs assemblées générales, s’appuyant sur des correspondances d’une personne se prévalant du rôle de coordinateur national », indique le communiqué. Le bureau national du Cnes impute la responsabilité de la fermeture de la voie du dialogue au ministère de tutelle. Un dialogue « qui aurait dû être maintenu avec un représentant syndical important chez les enseignants ». Pour le syndicat, le ministère profiterait de la situation de rupture du dialogue via les intimidations et harcèlements pour éviter de gérer «des dossiers sensibles » tels que la loi d’orientation de l’enseignement supérieur, la restructuration des universités et la réforme des œuvres universitaires. A ce propos, il est à rappeler qu’Abdelhak Boudraâ, directeur général de l’Office national des œuvres universitaires (Onou), a été démis de ses fonctions fin janvier après les nombreuses revendications d’assainissement du secteur des œuvres universitaires, notamment au niveau de l’entretien des résidences estudiantines au sein desquelles les étudiants dénoncent les mauvaises conditions de vie. Ceci, en plus de la mauvaise gestion des budgets alloués à l’Onou. A noter également que parmi les revendications du Cnes, les salaires des enseignants « qui ne dépassent pas 45 000 DA pour 80% d’entre eux », indique le communiqué de l’organisation syndicale qui a néanmoins grandement perdu de son audience parmi les enseignants du supérieur après les différentes crises qu’il a connues depuis le milieu de la décennie 2000 et l’éclipse de nombreux de ses cadres. Aussi, les enseignants dénoncent la bureaucratie à laquelle font face les étudiants inscrits au diplôme de doctorat mais également le retard dans l’affectation des logements destinés aux enseignants, programmés pour certains depuis 1999.