Une véritable cacophonie semble régner au sein du Cnes sur fond de guerre de communiqués sur lesquels sont portées des accusations de part et d’autre.

Le bureau national du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) et via un communiqué parvenu à notre rédaction, hier, a dénoncé les propos de ce qu’il appelle les « dissidents du Cnes » qui ont annoncé avoir tenu un conseil national, le 17 février dernier. Il écrit que « le seul congrès national légal qui a eu lieu s’est tenu le 18 février dernier avec la participation de 42 sections syndicales et 200 membres du conseil national […] »
Une rencontre « qui a eu droit à une couverture médiatique sans précédent à Constantine », rapporte encore le communiqué signé d’Abdelhafid Melat, dans lequel il accuse « des parties du département de Hadjar de soutenir les pro-Rahmani en leur fournissant une salle pour tenir leur réunion illégale ». Dans le même communiqué, M. Melat a également mis en garde le corps des enseignants contre l’appel à la grève lancé par Abdelmalek Azzi, coordonateur national, en estimant que « déclarer la grève avant d’entamer les négociations équivaut à mettre la charrue avant les bœufs ». En réponse, contacté par téléphone hier, M. Azzi a, à son tour, qualifié M. Melat d’« imposteur » et le « met au défi de rendre publique la liste des sections syndicales ayant pris part à son congrès national ». « Les sections syndicales l’attendent au tournant et n’hésiteront pas à déposer plainte contre lui », a déclaré M. Azzi. Concernant son appel à la grève, M. Azzi a estimé qu’il s’agissait d’un droit et qu’« il n’est pas normal qu’un soi-disant syndicaliste refuse de recourir à ce moyen de protestation ». A ce propos, notre interlocuteur nous a confié qu’une journée de protestation aura lieu le 6 mars prochain au niveau des universités. « On attend que le ministère ouvre de sérieuses négociations sinon nous irons vers le boycott des examens », a affirmé M. Azzi.

Alger 3 : Réunion enseignants-recteur aujourd’hui
Après le rendez-vous manqué de dimanche dernier, les professeurs de la faculté des sciences politiques de l’université Alger 3 entameront, aujourd’hui, les «négociations » avec le recteur Rabah Cheriet, nous a indiqué une source proche du Cnes section d’Alger. «La rencontre aura lieu à 14h au rectorat de Ben Aknoun », nous a confié notre source.
Cependant, les enseignant, qui ont réclamé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de déléguer un représentant pour prendre part à cette réunion, n’ont toujours pas eu de réponse. « Nous espérons fortement que le ministère prenne en charge notre requête car cela est vraiment important », a fait savoir notre source.
Rappelons que les enseignants de sciences politiques, victimes d’agression physique le 17 février dernier dans l’enceinte de l’université, devaient s’entretenir avec le recteur dimanche dernier.

En raison d’un « dysfonctionnement », elle a été reportée à aujourd’hui.
Ayant entamé un mouvement de grève la semaine dernière, les enseignants ont suspendu leur action pour entamer les négociations. Ils revendiquent l’identification des commanditaires de l’agression, la sécurisation de l’université et des sanctions envers les agents de sécurité qui ont failli à leur tâche.