Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) Tahar Hadjar a communiqué, hier, les premiers résultats de l’opération d’orientation des nouveaux bacheliers. 69.51 % des nouveaux bacheliers, soit 184 771, ont été orientés selon leur premier choix, 13.73 % selon le deuxième choix, 7.71 % le troisième et enfin 3.18 % pour le quatrième.

Il a indiqué, en substance, qu’une seconde période d’inscriptions, destinée à confirmer les choix d’orientation, aux entretiens pour ceux qui entendent rejoindre les écoles supérieures et à ceux qui n’ont pas obtenu l’un de leurs 4 premiers choix, afin de tenter une nouvelle fois leur « chance », commence dès aujourd’hui pour prendre fin le 12 du mois en cours. Le ministre a également tenu à rappeler que le système de l’enseignement supérieur a reçu ces trois dernières années  948 268 nouveaux inscrits, tous en mesure d’être accueillis. Mais au-delà du sujet du jour, le ministre de l’Enseignement supérieur s’est exprimé sur l’avenir de ces étudiants une fois le diplôme en poche.  Or, ces derniers ont été, selon une enquête réalisée en avril dernier par l’Office national des statistiques (ONS) sur la situation du marché du travail, 24,9% du total des chômeurs, soit 344 000 diplômés sans emploi. Ces jeunes diplômés semblent rencontrer  des difficultés pour s’insérer dans le marché du travail, faisant dire au ministre de l’Enseignement supérieur que l’université « a pour seul rôle un rôle pédagogique » et « non celui de l’embauche ». Une déclaration qui intervient dans un marché du travail caractérisé pourtant par le niveau élevé du chômage chez les diplômés du supérieur. Pour sa défense, la communauté estudiantine met en avant l’inadéquation entre les formations et disciplines dispensées dans les universités avec les besoins du marché de l’emploi. Selon les étudiants,  l’université aurait dû s’ouvrir  à l’entreprise pour que les demandeurs d’emploi trouvent un  travail à la hauteur de leur qualification. Et inversement pour les entreprises qui doivent se rapprocher de l’université afin d’exprimer leurs besoins réels notamment  dans les domaines émergents, comme le numérique et l’informatique. Mais M. Hadjar s’est montré catégorique : « Le rôle de l’université est de former  des étudiants, il n’est pas de notre ressort ni de notre  responsabilité de trouver un travail pour les diplômés de l’enseignement supérieur ». Un rappel qu’il destine directement à l’Union générale des étudiants libres (Ugel), en particulier à son secrétaire général, Salah Eddine Daouadji, qui affirmait dans ces mêmes colonnes que le « taux d’échec des étudiants en première année est de 70% ». M. Hadjar déplore que « cette organisation ne soit pas agréée et son premier responsable ne soit même plus un étudiant », manifestant dans la foulée son étonnement quant au taux d’échec avancé par ladite organisation estudiantine. « Il est insensé qu’on ait 70% d’échec. Au contraire, nous avons peut-être 70% de réussite », indique le ministre. Toutefois, son département, ajoute-t-il, « prend en considération les exigences de la société et l’adéquation entre la formation dispensée et les besoins du marché du travail ».

D’autre part, interpellé sur les « mauvais classements » obtenus par nos universités, le ministre de l’Enseignement supérieur remet les choses au clair et a renvoyé  ce mauvais classement de nos établissements  aux sites électroniques non mis à jour : « Les classements établis faits par les différents  organismes internationaux  ne sont pas basés sur la qualité de l’enseignement prodigué, mais sur la qualité des sites Internet des universités ». Pour lui, l’université algérienne dispense des formations de qualité et des diplômés qualifiés. Et d’ajouter qu’« aucune de ces instances n’est venue voir de près les universités algériennes ». « Elles ne sont jamais descendues sur le terrain pour s’enquérir de la réalité de l’enseignement qu’on prodigue et nous classent en bas du classement», précise-t-il. «  Ces instances  font de l’évaluation à distance », avant d’émettre l’idée que ces classements revêtent un caractère commercial et non pédagogique. Néanmoins, le ministre indique avoir «  tracé  un programme pour accompagner 20 établissements afin d’améliorer leurs sites et leurs classements au niveau mondial dans  l’objectif est de se classer parmi les 1 000 premières universités à l’horizon 2020 ». Enfin, s’agissant de la conférence nationale sur les œuvres universitaires, reportée à maintes reprises, le ministre a fait savoir que son département songe à améliorer les prestations universitaires qui « déplaisent aux  deux, étudiants et tutelle », alors que des sommes importantes sont  déboursées pour les œuvres universitaires.

« Nous allons mener une étude sur les modèles d’autres pays pour concevoir un modèle qui va avec les exigences et espérances de notre département », indique le ministre. « Il y a un manque de formation des gens qui font des œuvres universitaires, pour ces raisons, on a décidé de les  former avant de les embaucher conformément à une convention conclue avec le ministère de la Formation professionnelle, dit-il.