En Algérie, 63 % des diplômés de l’enseignement supérieur et 54 % des diplômés des filières des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques sont des femmes.

Ces dernières sont ainsi plus susceptibles que les hommes d’obtenir de tels diplômes, est-il mentionné dans le rapport mondial 2018 de l’Unesco sur l’éducation, rendu public récemment. Le document ne dit, cependant, rien sur la qualité de l’enseignement. Pourtant, la qualité n’est pas seulement une obligation, mais également un facteur d’incitation des étudiants, de l’Etat et des autres acteurs à s’investir et investir dans l’enseignement supérieur. Elle constitue un marqueur fiable de l’évolution des universités. À partir d’un certain nombre de critères, dont justement la qualité de l’enseignement, des organismes spécialisés établissent chaque année un classement mondial qui range les universités algériennes parmi les plus mal notées. Ainsi, à l’échelle mondiale, les deux «meilleures» universités algériennes, les mieux classées, en 2017, sur les 113 universités algériennes notées, sont l’université Djilali-Liabès de Sidi Bel Abbès et l’université des Sciences et Technologies (USTHB) Houari-Boumediène d’Alger, qui occupent respectivement les 2 341 et 2 345 places. Il y a également des universités algériennes et écoles supérieures qui figurent aux dernières places à l’échelle mondiale, notamment les Ecoles normales supérieures de Mostaganem, Béchar et l’université de Chlef, qui occupent respectivement les 27 634, 27 714 et 27 764 places, sur les 28 000 universités classées par le site américain spécialisé dans le classement des universités dans le monde Webometrics. À l’échelle continentale, 1 497 universités africaines sont notées par le site. 13 universités algériennes figurent dans le Top 100 africain : 39e place pour l’université Djilali-Liabès de Sidi Bel Abbès, et 40e pour l’USTHB d’Alger, alors que l’université des Frères Mentouri de Constantine occupe le 52e rang africain. Evidemment, une série de mauvais classements mettra durablement à mal l’image des universités algériennes. Le site américain donne quelques indications sur ces aspects, en relevant que «certaines universités algériennes ne possèdent même pas de site Internet, alors que d’autres qui en ont, ne prennent même pas la peine de le mettre à jour». Et de souligner que ces pratiques «pénalisent non seulement le rang des universités, mais aussi diminuent considérablement leur visibilité dans les moteurs de recherche et, plus important encore, leur impact mondial sur Internet. Ce qui renseigne sur la mauvaise qualité de l’enseignement et de la recherche scientifique». Malheureusement, en Algérie, la qualité relève d’un tout autre débat que les chargés du secteur ne semblent pas près d’ouvrir. En dehors de l’enseignement supérieur et de ses difficultés, les filles marquent également une progression prononcée dans le secondaire, ainsi que le démontre le document de l’Unesco. La meilleure maîtrise des filles dans le domaine de la lecture, par exemple, est mis en évidence. Tous les pays, dont les résultats des évaluations de l’apprentissage à la fin du premier cycle d’enseignement secondaire sont publiés dans des bases de données, affichaient une disparité entre les genres défavorable aux garçons. En Algérie, mais aussi en Jordanie, seulement 53 et 54 garçons avaient respectivement atteint le niveau de compétence minimum pour 100 filles. Il est cependant tout à fait étonnant de constater que, même dans certains pays développés, il y a un écart significatif entre garçons et filles. Ainsi, dans les pays de l’Union européenne, l’écart le plus faible est observé en Allemagne (93 garçons pour 100 filles) et le plus grand à Chypre (70 garçons pour 100 filles). Toutefois, y est-il indiqué, de nouvelles preuves sèment le doute sur le véritable sens de cet écart.