Une dizaine d’étudiants du département de pharmacie de la Faculté de médecine de l’université d’Oran 01 ont observé, jeudi, un sit-in devant le nouveau centre hospitalier universitaire d’Oran 1er- Novembre » de l’USTO.

Un mouvement de protestation où ils ont brandi des banderoles et scandé des slogans demandant la démission du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar. Les étudiants accusent, en effet, Hadjar d’avoir fermé les portes du dialogue « tout en menant une campagne de désinformation et d’allégations infondées ». En effet, le ministre avait estimé que le mouvement des étudiants « n’était pas innocent » et que « la majorité de leurs revendications même si elles semblent parfois logiques, ne sont pas saines pour autant », à l’instar, a-t-il dit, des revendications des étudiants en pharmacie et en chirurgie dentaire, réitérant son appel à la vigilance. Il avait appelé récemment les étudiants à la vigilance, car le pays est « visé de toute part, notamment à l’approche des échéances électorales » a-t-il déclaré. Les étudiants de l’université d’Oran ont nié en bloc ces allégations tout en confirmant que leurs revendications sont « légitimes et qu’ils ne sont guère instrumentalisés», donc ne peuvent en aucun cas porter atteinte à la sécurité et la stabilité du pays.
Ces étudiants, qui n’ont pas encore avalé leur colère, prévoient d’organiser demain un autre sit-in de protestation devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur à Alger et réclamer auprès du président de la République Abdelaziz Bouteflika et du Premier ministre, Abdelmalek Sellal la destitution de Hadjar de son poste.
Aujourd’hui, « on dit au ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Abdelmalek Boudiaf ainsi qu’à M. Hadjar, on en a assez des 10 000 diplômés en pharmacie menacés par le spectre du chômage », a déclaré l’un des étudiants à Reporters. « Un nombre considérable d’étudiants finissent par se retrouver, après cinq ans de cursus universitaire, comme simple vendeur dans une officine », ajoute notre interlocuteur. A ses yeux, la décision du ministre de la Santé, l’année passée, de lever le gel sur l’octroi des licences pour l’ouverture de nouvelles pharmacies, n’a pas résolu le problème de chômage auquel ils sont confrontés. « Les nouveaux diplômés n’ont pas les moyens financiers pour ouvrir leur propre pharmacie. Pis encore, ils peinent à décrocher un emploi dans les laboratoires de recherche parce que peu d’opérateurs économiques se lancent dans l’industrie pharmaceutique », indiquent les étudiants. Ces étudiants qui disent que leurs revendications sont purement « pédagogiques », dénoncent l’insuffisance de postes de résidanat, le manque de nouvelles spécialités et la quasi-absence de stages dans les grands laboratoires. Il y a lieu de rappeler que des représentants des étudiants en pharmacie, en grève depuis plus de deux mois, ont été reçus dernièrement par le président de la commission de l’enseignement supérieur de l’Assemblée populaire nationale qui leur a promis de transmettre leurs doléances au Premier ministre.