Les étudiants en pharmacie sont déterminés à poursuivre leur débrayage jusqu’au bout.

En effet, alors que le spectre d’une année blanche plane, « les dix départements de pharmacie des différentes wilayas, avec quelque 12 000 étudiants, sont décidés à poursuivre la protestation jusqu’à satisfaction de leurs revendications », nous a dit Arezki Hassani, représentant des étudiants grévistes.

Jeudi dernier, le rectorat de l’université Mouloud-Maâmeri de Tizi Ouzou de même que d’autres universités du pays ont reçu une note du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), dans laquelle il menace « de déclarer à partir du dimanche 12 février l’année blanche si la grève persiste ». « Aujourd’hui (NDLR : hier) l’administration de la faculté n’a rien affiché et nous poursuivons notre mouvement de grève, entamé le 22 novembre dernier», rappelle notre interlocuteur. Idem pour la faculté de pharmacie de l’université Abou Bakr-Belkaïd de Tlemcen, où le recteur, qui a rencontré les étudiants grévistes, les a menacé d’une année 2016/2017 « blanche » si le mouvement de débrayage n’est pas interrompu. Même si le ministre de l’Enseignement supérieur a manifesté, lors d’une réunion avec des organisations estudiantines, son aptitude à dialoguer avec les étudiants.
« La porte du dialogue demeure ouverte », avait dit Hadjar, lors de la réunion qui s’est déroulée la semaine dernière au siège du MESRS. « Nous avons réussi à convaincre la tutelle de la légitimité de nos revendications parce qu’elle nous taxait, auparavant, d’être instrumentalisés. Le ministre a promis de satisfaire à 100% nos doléances. »
« Pour le moment, Hadjar n’a pas pris un engagement officiel par rapport à ses promesses », ajoute Hassani. Hadjar, pour rappel, a menacé, lors d’une réunion avec les organisations estudiantines, de prendre des mesures juridiques contre toute organisation qui procède à la fermeture des universités. « Nous allons les fermer si les étudiants le demandaient », a précisé Hassani. Ces étudiants réclament entre autres la réduction des étudiants admis dans la discipline de pharmacie, de réformer l’aspect « facultatif » de la 6e année pharmacie pour qu’elle soit « obligatoire », ainsi que l’ouverture de nouvelles spécialités comme la « pharmacie clinique, pharmacie industrielle et pharmacie hospitalière ». Reçu le 5 février dernier par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, il a accepté la création de deux branches, pharmacie industrielle et pharmacie hospitalière.
Il a aussi promis de faire passer les diplômés en pharmacie du 13e au 14e échelon dans la grille des salaires, alors que les étudiants qui font sept ans d’études pourront passer à l’échelon 16 dès l’année prochaine.
Concernant les revendications socioprofessionnelles, les étudiants demandent au ministre de la Santé Abdelmalek Boudiaf « de laisser ouvrir de nouvelles officines afin d’absorber le chômage ainsi que l’officialisation du statut du pharmacien assistant et de recruter au moins un pharmacien dans les structures de santé publique et de respecter la réglementation qui stipule que « le pharmacien est la seule personne habilitée à délivrer un produit pharmaceutique ».