La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, s’est exprimée, hier, sur la situation des universités, lors de l’ouverture de la réunion de «l’Organisation des jeunes du parti». La responsable politique, dont le discours a été retransmis sur la page officiel du PT, a notamment fait savoir que l’ensemble du système universitaire se retrouvait aujourd’hui «après 10 mois de crise sanitaire» dans une situation «catastrophique». Louisa Hanoune, en dénonçant la gestion du ministère, l’instauration de «l’enseignement à distance», les problématiques de transport ou encore de défaillance dans l’orientation des étudiants… est néanmoins allée plus loin dans sa critique en évoquant la «volonté» et «l’intention» du gouvernement de réduire le nombre d’étudiants. Un programme qui serait déjà ancien, dans la lignée du système LMD, le but avec le «prétexte» de la Covid étant aujourd’hui de créer les conditions d’une discrimination par «l’argent».
Une analyse que la cheffe du PT dit avoir construit à partir de consultations avec les principaux intéressés : «J’ai écouté des professeurs, des encadreurs de master, de doctorat, des étudiants…» La conclusion est que « l’université fait face à une accumulation de problèmes», et tout particulièrement depuis l’instauration en 2004 du système LMD, puis de «la loi de 2008 qui a généralisé et officialisé ce système et mis en place la destruction de l’Université algérienne».
Le système LMD aurait ainsi «mis en place un système de diplômes light. Des diplômes qui n’ouvrent pas aux opportunités d’emplois». L’Université algérienne «coupée de la société» est entrée depuis cette réforme «dans une situation de régression constante, dans un marasme profond. La recherche scientifique est réduite comme peau de chagrin», ajoute Louisa Hanoune. Et la crise sanitaire serait encore un «prétexte» pour continuer dans cette voie.
La responsable politique dénonce une université à deux vitesses selon les moyens financiers des étudiants. Elle en veut pour preuve la question de l’enseignement à distance ou du transport réservé dans les faits «à ceux qui ont des véhicules ou qui peuvent payer». Et elle explique que l’enseignement à distance est une forme de discrimination entre ceux qui possèdent des outils informatiques, une connexion internet et les autres. «L’intention commence à être claire, il s’agit de créer une université réservée aux riches et ceux qui ont de l’argent pourront étudier et les autres non».
Très critique quant à la gestion par le ministère de l’Enseignement supérieur, le Parti des Travailleurs note l’existence d’importants problèmes d’orientation, «des étudiants en master se sont retrouvés orientés vers d’autres formations, des branches qui de surcroît n’ont aucun débouché sur le marché de l’emploi». «Les professeurs sont confrontés au dilemme affreux, peuvent-ils faire redoubler un étudiant qui n’a pas eu accès à internet ?», s’interroge Louisa Hanoune, en ajoutant «qu’«accorder le passage à un étudiant qui n’a pas assisté aux cours n’est également pas la solution».