Le Conseil national des enseignants du supérieur, las de voir l’université algérienne se dégrader de jour en jour, « violence, grèves et scandales dans les concours de doctorat », a décidé d’interpeller les hautes instances du pays, à savoir le Premier ministre, afin de faire part de ses craintes et de ses revendications.

Après s’être réuni, jeudi dernier, en session ordinaire, le Cnes a appelé à une profonde réforme au cœur de la corporation de l’enseignement supérieur et à l’association des partenaires sociaux dans l’ensemble des débats relatifs à l’amélioration de la situation universitaire en Algérie. Exclus des débats et rencontres officiels avec la tutelle, sous prétexte d’un conflit de leadership, le Cnes dénonce, aujourd’hui, cette mise à l’écart et demande à être considéré comme un syndicat à part entière. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le syndicat a, également, dénoncé la persécution des syndicats et les différentes atteintes aux libertés syndicales observées dans les universités algériennes. Dans ce sens, il a déploré l’utilisation du conseil de discipline comme moyen de menace et de répression envers les enseignants affiliés à des syndicats. Rappelons le cas de l’enseignant B. M., de l’université de science économique, licencié en novembre dernier à cause de son activisme au sein du Cnes. Par ailleurs, et face au recul du pouvoir d’achat, le Cnes a réclamé l’amélioration des conditions sociales de l’enseignants à travers la révision de la grille salariale stagnée depuis déjà dix ans. 

« 80% des enseignants universitaires touchent des salaires entre 47 000 et 60 000 DA », a rapporté le communiqué. Dans ce sillage, il a appelé à l’accélération de la réalisation du programme tracé par le président de la République qui prévoit plus de 10 000 logements de fonction au profit des enseignants universitaires.
Concernant les différents scandales ayant entaché le concours de doctorat dans différentes universités algériennes, le Cnes a préconisé une meilleure gestion de ce concours prestigieux. A cet effet, il a demandé l’annulation de la note 1547/ 2017 fixant la date du 30 juin comme dernier délai pour discuter les thèses du doctorat, qualifiant cette décision d’« anticonstitutionnelle ». Par ailleurs, le Cnes s’est dit complètement opposé à la décision de la tutelle qui a imposé le suivi pédagogique de l’enseignant universitaire, jugé comme « perte de temps et d’argent ». Le syndicat a conclu son communiqué en annonçant la prochaine tenue de son congrès national, le 25 décembre. Il aura pour objectif de déterminer la nature des actions de protestation que le Cnes compte lancer au début de l’année prochaine.