Après avoir dénoncé à plusieurs reprises, les atteintes aux libertés syndicales, couronnées par le licenciement de trois enseignants universitaires syndicalistes, le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes)

a annoncé son intention d’entamer une grève de trois jours les 17, 18 et 19 décembre. Dans un communiqué, rendu public dimanche dernier, le syndicat, déchiré entre deux ailes, dont chacune proclame sa légitimité, a lancé un appel à l’ensemble des enseignants affiliés ou non au syndicat pour rejoindre ce mouvement de protestation qui intervient comme un dernier recours pour attirer l’attention de la tutelle et les autorités sur les réels problèmes qui gangrènent l’université algérienne.

« Après avoir tenté de créer un conflit imaginaire au cœur du syndicat, les responsables sont aujourd’hui passés à une autre stratégie pour faire taire les enseignants et syndicalistes qui dénoncent la gestion chaotique des universités algériennes par la tutelle. Nous dénonçons aujourd’hui les décisions prises par certains recteurs d’université contre quelques enseignants qu’ils ont menacés, réprimés et même licenciés », rapporte le document signé par Abdelmalek Azzi, coordinateur national du Cnes. En effet, cette année universitaire a été caractérisée par diverses atteintes aux enseignants, dont l’agression des enseignants de Sciences Po à la faculté d’Alger 3, le licenciement de l’enseignant en sciences économiques Mokhtar Benguia, de l’université Alger 3, en octobre dernier, celui de Rouabeh Zoheir, de l’université de Bordj Bou-Arréridj, et Cherifi Cherif de l’université de Naâma. Des enseignants qui ont tous pour point commun leur activité syndicale au sein du Cnes. Dans son communiqué, le syndicat n’a pas manqué de rappeler et dénoncer les poursuites judiciaires enclenchées par les recteurs d’université à l’encontre des coordinateurs des sections régionales du Cnes, notamment celle d’Alger, Tébessa, Mascara et Djelfa. Rappelons que le coordinateur du Cnes à la faculté Alger 3 a été traduit devant la Cour de justice à deux reprises par le recteur Rabeh Cheriet pour diffamation et calomnies. Cependant, la justice a tranché en faveur de l’accusé. Autre raison qui a poussé le Cnes à passer à l’acte, l’interdiction de tenir des réunions et assemblées générales au sein des universités, chose qu’il considère comme « une atteinte à un droit constitutionnel », ainsi que l’exclusion du syndicat des différentes réunions de la tutelle avec les partenaires sociaux en prétextant le conflit interne de leadership du Cnes..