Conforté par la désolidarisation des organisations estudiantines agréées et la fin de non-recevoir affichée à le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) et de sa section de Tizi Ouzou (CNESTO ),

le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Scientifique, Tahar Hadjar, a adopté un ton menaçant à l’encontre de la « tripartite » universitaire «aile Milat du CNES-UGEL-UNJA», qui avait appelé à une grève ouverte à compter du 14 janvier.
D’ailleurs, c’est avec la même «fermeté » que M. Hadjar a menacé de décréter l’année blanche pour les étudiants des Ecoles normales supérieures, en grève depuis plusieurs mois. «L’Université est un service public et quiconque osera en interdire l’accès fera l’objet de mesures disciplinaires et de poursuites judiciaires», a dit le ministre avant-hier à l’issue d’une rencontre tenue avec les représentants d’organisations estudiantines. Aussi, il a annoncé avoir instruit les recteurs en ce sens. Toutefois, la Coordination de l’enseignement supérieur ne l’entend pas de cette oreille et maintient son mot d’ordre de grève. En fait, et à demi-mots, Abdelhafid Milat (coordinateur contesté du CNES) assure «que le mot d’ordre de grève, le 14 janvier prochain, est un appel civilisé». «Nous n’obligerons personne à adhérer à ce mot d’ordre. Notre grève sera pacifique, civilisée. Nous avons instruit nos sympathisants d’observer les règles de sécurité, le calme et d’adopter un aspect civilisé lors de notre mouvement de grève». M. Milat, avec lequel nous avons discuté hier, conteste également la fin de non-recevoir aux principales revendications des étudiants des écoles normales supérieures (ENS), dont le recrutement direct après l’obtention du diplôme et l’affectation dans la wilaya de résidence.
«L’article 4 du contrat-standard liant l’étudiant des ENS au ministère de l’Education nationale stipule une affectation dans la wilaya de résidence », fait valoir M. Milat. «En outre, le diplômé des ENS ne doit pas être soumis à un recrutement via la plate-forme numérique mise en place par le département de l’Education. Il doit bénéficier du privilège d’un recrutement direct », enchaîne-t-il. Pour rappel et pour rester dans l’enseignement supérieur, trois organisations ont appelé à une grève ouverte à compter du 14 janvier à venir : le Cnes (aile Milat), l’Ugel et l’Unja. Cet appel bénéficie de la sympathie de la Coordination des diplômés de l’Université de la formation continue (UFC), lesquels réclament un statut identique aux diplômés de l’enseignement supérieur classique. Fait peu anodin, les trois organisations susmentionnées traversent des guéguerres de leadership et, de ce fait, ne sont plus agréées. Si les enseignants du supérieur réclament la satisfaction de revendications socioprofessionnelles, les étudiants, eux, revendiquent une meilleure prise en charge en matière d’œuvres universitaires. L’Ugel réclame même le principe de la contractualisation que celui dont bénéficient les étudiants des écoles normales supérieures. En réponse, Tahar Hadjar a rétorqué que son secteur « est chargé de l’enseignement et non du recrutement ». Le ministre a également expliqué qu’en ce qui concerne les ENS, une commission mixte avec le ministère de l’Education nationale se penche sur leur cas.
Il a fait part de la difficulté à recruter des diplômés des écoles supérieures au niveau des wilayas de leur résidence, en particulier pour certaines spécialités scientifiques et dans d’autres, en raison de la multitude de spécialités. Enfin, sur le registre des œuvres universitaires, M. Hadjar a reconnu qu’elles «restent en deçà du niveau escompté». Il a promis que ce dossier sera examiné lors de la conférence nationale prévue « prochainement » avec les différents acteurs de l’enseignement supérieur.