Pour la première fois, depuis l’instauration du pluralisme, en février 1989, les étudiants, les enseignants universitaires et les travailleurs du secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, regroupés au sein d’une tripartite universitaire, décident de mener ensemble une action de protestation pour dénoncer la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui, l’Université algérienne.

Réunis hier à Alger, les représentants du Conseil national des enseignants du Supérieur (Cnes), l’aile d’Abdelhafid Milat, de l’Ugel, de Safap, de l’Unja et des différentes coordinations des étudiants ont décidé de paralyser, à partir de du 14 janvier prochain, tous les établissements de l’enseignement supérieur du pays et de boycotter les examens du premier semestre, indique un communiqué commun rendu public hier. Les initiateurs de cette grève veulent dénoncer à travers leur action le « laxisme » du ministère de tutelle et son refus d’ouvrir les portes du dialogue avec les partenaires sociaux pour trouver des solutions aux problèmes que vit l’Université algérienne. « Après discussion avec la composante de la famille universitaire, il a été décidé d’entamer une grève à partir du 14 janvier et de boycotter tous les examens jusqu’à satisfaction de nos revendications », lit-on dans le document, qui appelle le président de la République à intervenir pour sauver l’Université algérienne, qui vit depuis le début de l’année universitaire au rythme des protestations.

Par ailleurs, il y a lieu de noter que l’autre aile du Cnes a appelé, de son côté, à une grève de trois jours les 17, 18 et 19 janvier prochain, pour exiger l’ouverture des portes du dialogue avec les partenaires sociaux, l’arrêt des décisions qui entravent le bon fonctionnement des activités pédagogiques, l’abandon des poursuites judiciaires contre les enseignants et les syndicalistes.