Les enseignants de la faculté des sciences politiques et relations internationales d’Alger vont rencontrer, jeudi prochain, le recteur de la faculté, Rabah Cheriet, pour faire le point sur la situation, nous a fait savoir Toufik Bouilouta, enseignant à l’université d’Alger 3.

Ce dernier nous a expliqué que la grève entamée hier se poursuit et a démenti formellement que le recteur Cheriet ait menacé de « faire passer en conseil de discipline des enseignants sous prétexte qu’ils privent les étudiants de leur droit à poursuivre dans la sérénité leur cursus universitaire en ne leur dispensant pas de cours, de vouloir déstabiliser l’enceinte universitaire et de semer l’anarchie à l’approche des élections législatives », a-t-il souligné. Toufik Bouilouta indique que les enseignants se sont constitués en une « instance pédagogique » qui n’a aucun lien avec un quelconque syndicat. Il y a lieu de rappeler qu’une vingtaine d’enseignants ont observé dimanche dernier un sit-in en signe de protestation à l’acte d’agression physique dont ont été victimes des enseignants. Jeudi dernier, les enseignants étaient réunis en assemblée générale en vue de l’installation du bureau du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) lorsqu’une dizaine de personnes, «étrangères à l’université», ont fait irruption dans la salle de réunion et pris à partie les présents. Une altercation verbale les a opposés à ces présumés étrangers et s’est transformée par la suite à une agression physique des enseignants. Réunis dimanche en assemblée générale, les enseignants ont décidé d’entrer en grève de trois jours cyclique. Celle-ci sera renouvelée si les revendications des enseignants ne sont pas prises en compte, affirme Louiza Aït Hamadouche, enseignante en gestion des conflits. « Nous demandons à ce que les étudiants accusés passent en conseil de discipline et qu’une enquête ministérielle soit ouverte dans les plus brefs délais », ajoute l’enseignante. Les enseignants réunis exigent entre autres «l’ouverture d’une enquête urgente et immédiate pour déterminer et punir les commanditaires et les exécutants de cette agression criminelle». Ils invitent les « professeurs remplissant des fonctions administratives à geler leurs activités administratives jusqu’à ce que la situation soit réglée ». Les enseignants ont déposé plainte auprès des parties concernées et actionneront toutes les mesures relatives aux conseils de discipline contre les auteurs de cette agression et ont déposé une plainte judiciaire contre les auteurs de cette agression.