Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a fait une «déclaration surprenante», jeudi dernier devant le Conseil de la Nation (Sénat), concernant l’effervescence que connaissent certaines filières de son secteur.

Kamel Bensaadi, un représentant du collectif des étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) à Constantine, a réagi hier après que Tahar Hadjar ait affirmé que le dialogue entre son département et les partenaires sociaux «demeure ouvert». M. Hadjar a ajouté que les services concernés de son ministère tiennent des «réunions régulières avec les syndicats tous les trimestres» pour faire le point sur les questions d’actualité.  Sa déclaration intervient alors que plusieurs facultés sont à leur cinquième mois de grève, des mouvements plus ou moins suivis et qui se déroulent dans l’indifférence presque totale n’ayant pas l’audience ni la représentativité sans doute des médecins résidents.  Il en est ainsi des instituts de bibliothéconomie, de l’éducation physique et sportive et des ENS. Le ministre a déclaré qu’«il ne connaît aucune grève» à l’Institut de l’éducation physique et sportive alors que, dans les faits, ce département reste marqué depuis novembre dernier par de lourdes perturbations des cours ponctuées par des rassemblements in situ. Lors de la conférence nationale sur les universités, en mars dernier, le ministre avait cité d’ailleurs  les étudiants de cet institut parmi ceux des spécialités en proie à la contestation. Il les avait menacés non pas d’une année blanche, mais de redoublement  dans le cas où ils ne reprennent pas les cours, ce qui est aujourd’hui presque certain pour les étudiants des ENS, à moins d’un rebondissement. A quelques semaines des examens de fin d’année, les grévistes ne comptent pas suspendre leur grève avant la satisfaction de leurs revendications, a encore affirmé M. Bensaadi. Sur un autre registre, le ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé «l’ouverture pour l’année universitaire 2018-2019 d’une nouvelle école nationale spécialisée en numérique et en intelligence économique et industrielle». M. Hadjar a précisé que l’intelligence économique constitue l’un des axes d’intérêt de son secteur, notamment en termes de veille économique, de prospection et d’efficacité économique de l’Etat. Selon le ministre, «l’UFC avait lancé, à partir de l’année universitaire 2010-2011, trois promotions en intelligence économique à l’université d’Oran et nombre de cadres spécialisés ont été diplômés».