Les enseignants de la Faculté des sciences politiques et des relations internationales ont tenu une assemblée générale à la Faculté d’Alger III pour débattre de leur situation socioprofessionnelle suite à l’agression physique et verbale commise contre des enseignants accomplissant leur devoir sur leur lieu de travail.

Les enseignants ont décidé d’entamer, à partir d’aujourd’hui, une grève cyclique de trois jours renouvelable, jusqu’à satisfaction de leurs revendications, a dit à Reporters Louiza Aït Hamadouche, enseignante à la faculté de sciences Po. Peu avant que la réunion n’ait lieu, étudiants et enseignants ont observé un sit-in de protestation pour exprimer leur colère quant à l’acte de violence qui a caractérisé jeudi dernier, l’établissement lorsqu’une dizaine de personnes «étrangères à l’université» ont fait irruption dans la salle de réunion et pris à partie des professeurs réunis en assemblée générale en vue de l’installation d’un bureau du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes). L’altercation verbale s’est vite transformée en agression physique. Pour éviter que l’épisode de jeudi ne se répète, les étudiants se sont improvisés agents de sécurité et se sont constitués en mur de protection. Ces derniers ont, en effet, obstrué l’accès aux étudiants étrangers à l’université et à tout intrus en disposant des tables à l’entrée de l’établissement. « Hier, ils ont agressé nos enseignants. Aujourd’hui, ils peuvent toucher notre intégrité physique », dit un étudiant en colère. D’ailleurs, Toufik Bouilouta, un des enseignants agressés, affirme que « c’est un agent de sécurité qui m’a agressé dernièrement. Il a voulu me prendre mon téléphone, mais il n’a pas réussi ». « Ce n’est pas qu’une question de revendications syndicales, mais c’est la dignité de l’enseignant qui est en jeu », dit pour sa part Salmi Laïfa, enseignante, qui ajoute que cette agression représente un « précédent d’une extrême gravité ». A cet effet, les enseignants réunis exigent entre autres «l’ouverture d’une enquête urgente et immédiate pour déterminer et punir les commanditaires et les exécutants de cette agression et invitent les professeurs remplissant des fonctions administratives à geler leurs activités jusqu’à ce que la situation soit réglée». Les enseignants ont déposé plainte auprès des parties concernées et actionneront toutes les mesures relatives aux conseils de discipline contre les auteurs de cette agression et déposeront également une plainte judiciaire contre les auteurs de cette agression. Une assemblée générale aura lieu jeudi prochain à 10H à la faculté des sciences politiques pour faire le point de la situation, conclut Mme Aït Hamadouche.