Au moment où les inscriptions universitaires battent leur plein, la conférence nationale sur les prestations universitaires, annoncée pour le mois de janvier dernier, puis pour mai, sous la houlette du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, n’a toujours pas eu lieu. Elle a été reportée sans que des explications soient fournies sur cette décision, a-t-on appris auprès de l’Union générale des étudiants algériens (Ugel).

Cette conférence devait se pencher sur les moyens à mettre en place en vue d’améliorer la qualité des prestations assurées aux étudiants et la promotion de la vie estudiantine dans les campus, avait annoncé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Tahar Hadjar. Faisant savoir que ce rendez-vous a été reporté à «quatre reprises sans que le ministère de l’Enseignement ne fournisse d’explications, le président de l’Ugel, Salah Eddine Daouadji, continue de s’interroger sur les raisons qui empêchent sa tenue.
Il considère néanmoins que certaines parties dans le secteur ne souhaiteraient pas qu’une conférence sur les prestations universitaires soit organisée, de peur d’être pointées du doigt par rapport aux «manquements et lacunes» qui caractérisent le système.
Le ministre de tutelle a récemment indiqué que l’Etat consacre pour chaque étudiant universitaire 70 millions de centimes par an. Une déclaration qui n’a pas manqué d’étonner les organisations estudiantines. Pour M. Daouadji, «l’argent public serait dilapidé par certaines parties prédatrices, car 10 % de ce montant avancé par le ministre ne nous parvient pas». Notre interlocuteur exprime ainsi ses craintes que l’argent public soit «détourné». Sur ce registre, il cite l’exemple du directeur des œuvres universitaires de Sidi Bel Abbès qui a été arrêté cette année, après avoir été inculpé de «détournement» de fonds, précise notre interlocuteur. Le président de l’Ugel invite, à l’occasion, les autorités compétentes à aller vers «des subventions directes» pour faire face à un éventuel détournement. «Il se peut que l’argent des étudiants soit détourné et dilapidé par certains qui n’ont pas intérêt à ce que la conférence nationale sur les œuvres universitaires se tienne». Dans tous les cas, la communauté universitaire, notamment les étudiants, aspirent que les décideurs dans le secteur trouvent un moyen pour tracer de nouvelles perspectives en vue d’une réforme participative consacrant le caractère de service public de ce système. Le quotidien dans les campus universitaires a été toujours rythmé par des mouvements de protestation, grèves, gel des cours, mais, rien ne prétend à une amélioration de la situation qui risque de dégénérer. Raison pour laquelle, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a instruit les responsables concernés de créer une commission interministérielle pour trouver une issue aux problèmes qui perdurent dans les campus universitaires. «Cette commission sera essentiellement composée des représentants de différents départements ministériels, car les revendications des étudiants n’impliquent pas uniquement celui de l’Enseignement et de la Recherche scientifique», explique M. Daouadji. A la fin de l’année dernière, Tahar Hadjar avait indiqué que son département comptait organiser «en janvier» une conférence nationale consacrée à l’amélioration des œuvres universitaires et à la promotion de la vie estudiantine.
Le ministre avait expliqué que la conférence verra la participation de «représentants de toutes les composantes de la famille universitaire, y compris des étudiants, des syndicats et des acteurs de l’environnement socio-économique», et ce dans le but, a-t-il dit, «d’adopter une vision de réforme idoine et d’œuvrer à son application, suivant les priorités arrêtées lors de cette conférence».