PAR MILINA KOUACI
La Constitution consacre le droit à l’éducation et à l’enseignement à tous les enfants algériens. Le ministère de l’Education nationale a ainsi pris un ensemble de dispositifs pour assurer la scolarité des enfants atteints d’autisme ou de handicap sensoriel léger (malvoyant et malentendant) ou des enfants handicapés selon la nature et le degré de leur handicap. Cependant, les établissements scolaires manquent de moyens et de structures adéquats pour la scolarisation de cette catégorie.
Le ministère concerné a opéré des stratégies adaptées aux élèves qui ont besoin d’un enseignement spécial, et ce, en créant des dispositifs pour traiter les difficultés d’apprentissage constatées chez des élèves. Toutefois, les syndicats du secteur relèvent un fossé qui sépare considérablement entre la réalité et les lois conçues. «Les établissements scolaires manquent de moyens pour la prise en charge de ces enfants», regrette Boualam Amoura, secrétaire général du Satef. La prise en charge de cette catégorie d’écoliers exige «un savoir-faire spécifique et des formateurs spécialisés et aussi un suivi médico-psychologique qui n’est malheureusement pas assuré», ajoute M. Amoura.
Un constat partagé par Ali Benzina, président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) qui précise que «nos écoles ne disposent pas de psychologue ou d’orthophoniste. Dans les meilleurs des cas, l’élève est dirigé vers une Unité de dépistages et de suivi (UDS) qui l’oriente par la suite vers un orthophoniste pour le suivi. «La tutelle rejette la balle aux parents auxquels on donne une lettre d’orientation pour soigner leur enfants en dehors du milieu scolaire», dit M. Amoura, en relevant un manque du personnel de santé dans les établissements scolaires.
Pour ces syndicalistes, les écoles manquent de programmes spéciaux pour ces élèves. En effet, le président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) Abdelkrim Gaïd estime que le projet de scolarisation de ces enfants est une «façon d’acheter la paix sociale». «Nos établissements scolaires n’ont pas les moyens ni les compétences en la matière pour les scolariser», souligne le président du Snadep. «Ces enfants ont besoin d’une prise en charge spéciale et d’un enseignement spécial. Leur scolarisation obligatoire, ajoute-t-il, est une politique «d’achat de paix sociale», surtout que les enseignants manquent de formation spécialisée pour le suivi de ces élèves.
Comme M. Gaïd, le porte-parole du Cnapeste, Messaoud Boudiba, trouve que cette catégorie a besoin d’une prise en charge spéciale. «Ces enfants ont droit à la scolarisation, mais il faut mettre à disposition des écoles les moyens et conditions pour les prendre en charge et les aider à intégrer les classes normales».
La présence des auxiliaires de vie scolaires (AVS) dans les écoles pour accompagner ces élèves est «indispensable», notamment, pour les élèves atteints d’autismes ou de trouble du langage. La scolarisation des enfants autistes accuse un retard dans le pays. Si les parents arrivent à inclure leurs enfants dans des écoles publiques, «certains enseignants ne font pas d’effort pour aider ces enfants, sachant qu’ils touchent une prime de remédiation pédagogique».